Test Castlevania Lord of Shadow 2, le dragon est de retour

Publié le 14 mars 2014

  • Titre : Castlevania lord of shadow 2
  • Editeur : Konami
  • Développeur : MercurySteam Entertainment
  • Genre : Action / Plateforme
  • Plateforme : PC, PS3, Xbox 360
  • Prix : 45€ environ

Un certain 7 octobre 2010 la communauté de jouer avait eu l’immense surprise d’accueillir le reboot de Castlevania en son humble demeure. Élu jeu de l’année par bon nombre de mes compères, MercurySteam Studio avait réussi le tour de force de ressortir une licence embourbée et presque aux oubliettes. Ce qui était, il faut le dire, un drame pour une telle licence. Nous avions eu le droit à un jeu raffiné, technique, épique. Nous incarnions Gabriel Belmont, prince de la confrérie de la lumière. Dans ce nouveau volet Gabriel est devenu Dracula. Le prince de la lumière est devenu le Prince des ténèbres, The Lord of Shadow. Le dragon est de retour.

Avant de commencer à écrire une critique du jeu, il me semble nécessaire de faire un rapide résumé du premier Lord of Shadow. ATTENTION AU SPOIL.

Gabriel Belmont est membre de la confrérie de la lumière et perd sa femme, tué par l’un des adorateurs de l’ombre. Suivant les conseils des anciens membres de la confrérie, Gabriel rencontre Pan, un ancien Dieu, pour contacter l’esprit de son épouse décédé. Son épouse aurait le moyen de mettre fin à l’ère des Ténèbres traversant le monde. Ce moyen ? Un artefact, un masque doté d’un grand pouvoir, pouvant ramener sa femme à la vie : le masque de la lumière.

Cependant ce masque est brisé en trois morceaux, confiés alors aux seigneurs des ombres. Gabriel va collaborer avec Zobek, un autre chasseur de la confrérie, pour venir au bout de cette mission. Une mission qui lui fera prendre en puissance et en connaissance. Au fil de l’aventure Gabriel sera à même de contrôler le pouvoir de la lumière. Et de mettre fin à cette ère de ténèbres. Jusqu’au moment où nous apprenons que c’est en fait Zobek qui a tout orchestré pour que Gabriel reconstitue le masque de la lumière. Au moment où Zobek invoque Dieu, Satan met les pieds sur terre récupérant le masque de la lumière. S’ensuit un combat épique entre Gabriel et Satan qui voit le pouvoir de la lumière ressortir gagnante.

Gabriel s’empare alors de ce fameux artefact, regarde dedans. Il s’aperçoit alors qu’il ne peut pas faire revenir sa femme à la vie. Cet artefact ne lui offre simplement que le regard de Dieu… Marie sera perdue à tout jamais, Gabriel s’effondre. D’un Semi-dieu de la lumière, Gabriel se transforma en un monstre surnommé Dracula. Cet homme puissant devint lui-même le plus grand danger qu’est connut le monde, la plus grande terreur. FIN DU SPOIL

Dans ce Castlevania lord of Shadow 2 nous retrouvons Dracula là où nous l’avions laissé dans la cinématique d’après credits du premier jeu. Nous sommes dans les temps modernes, Dracula sur son trône. Nous apercevons alors Zobek ayant survécu tant de centaines d’années auparavant. Zobek est là pour demander l’aide de Dracula, là pour lui demander de l’aider contre le retour imminent de Satan. Si Dracula l’aide, alors Zobek lui donnera la tranquillité. Une tranquillité tant recherchée par Dracula qui veut se libérer de son immortalité. Le deal est clair : Satan contre le repos éternel. Dracula est loin de sa force d’antan et Zobek détient une arme culte : La Vampire Killer, ainsi qu’un soldat inconnu disposant d’une armure intégrale

De ce point de départ, nous allons incarner un Gabriel fébrile et vieillissant, devant se refaire une forme pour empêcher le retour de Satan. Les siècles ont passé, les temps ont changé. Pour redevenir dragon, Dracula doit éclore une nouvelle fois. En somme le scénario reste aussi conventionnel que pour le premier opus, en bien moins intéressant tout de même. Il reste quelques sursauts de génie qu’on avait goutté dans le premier. Seulement et malheureusement bien trop rare. Le scénario n’évolue peut-être pas à cause du mécanisme, du gameplay du jeu. J’en reparlerais bien plus tard. En tout cas ce qui choque le plus dans ce nouveau Castlevania, c’est l’ambiance. Le premier opus nous offrait un univers Fantasy des plus remarquables, nous baignons dans des environnements gigantesque, coloré, magnifique. Oublié tout cela pour ce second opus.

L’environnement est coupé en deux parties. Dans la première partie nous gambadons dans un Londres apocalyptique, sombre, métallique. Le jeu y est d’une forte noirceur et il sera très difficile de s’imprégner dans cette ambiance. La comparaison avec le premier Lord of Shadow se fait obligatoirement dans notre tête, la nostalgie nous rappelant l’univers Ô combien impressionnant du premier. Dans ce second opus il sera assez difficile de s’acclimater à un monde où nous nous déplaçons entre égouts et autres SAS. D’un pur côté objectif on ne peut pas reprocher grand-chose à ce choix de Mercury steam. Ils n’ont pas fait un copié/collé et c’est plutôt bien fait. Seulement on y adhère difficilement. Pour vous donner une idée, on passe de l’univers « Labyrinthe de Pan » à « American horror Story ». C’est une sensation réellement bizarre.

À côté de cela et grâce à des portails spatiaux, Gabriel sera amené à redécouvrir le château des Belmont en plein enfer ainsi que d’autres passages fort sympathiques dans cet univers contemporain.

Le mélange de ces deux univers est finalement assez homogène. On accrochera plus à l’un qu’à l’autre mais tout est histoire de goût.

Ce mélange d’univers implique que l’aventure est beaucoup moins hachée que précédemment. Alors que dans le premier opus nous poursuivions l’histoire de Gabriel Belmont chapitre par chapitre, ici le tout est plus ouvert. Gabriel peut se déplacer librement, dépendamment de ses pouvoirs tout de même. La progression est de ce fait plus homogène mais nous impose pas mal d’aller-retour pour venir à bout des différentes quêtes. Nous circulons autour et à l’intérieur du château de Dracula, de ce fait les décors seront rapidement très différents et sans aucun lien logique, et pour passer de l’époque contemporaine à moderne (et vice-versa) nous devrons utiliser un médaillon permettant d’utiliser un portail dimensionnel, toujours synonyme de temps de chargement accompagné du loup de John Snow (Winter is coming). Temps de chargement d’ailleurs assez long, ce qui est en contraste avec le reste du jeu qui ne propose aucun temps de chargement. La transition entre chaque univers n’est pas amenée de la meilleure des façons.

Avant de parler du côté ludique du jeu, finissons tout d’abord de parler des graphismes. Parce que les graphismes contribuent fortement à l’ambiance du jeu. Je ne sais pas si le changement d’univers a appauvri le moteur graphique, mais en tout cas le moteur a pris un petit coup de vieux. Le travail reste remarquable mais certaines modélisations, quelques textures mais surtout les effets ont pris de l’âge. Les effets « d’explosion » sont tout simplement hideux. Cependant ce serait être de mauvaise foi que de ne pas trouver de bon côté dans ces graphismes. Si on aime l’architecture gothique, on ne pourra qu’être ravi car MercurySteam a fait un boulot titanesque. Les environnements valent vraiment le coup d’oeil, malgré une préférence pour l’univers contemporain, les effets de lumière sont toujours aussi bien réalisés et les combats de boss sont d’une epicness absolu. C’est propre, vraiment très propre. Malgré l’âge du moteur graphique et ces explosions vraiment exécrables à l’oeil, le jeu nous propose un contenu fluide, riche, et maitrisé.

Comment ne pas parler des cinématiques ? Le rendu est une nouvelle fois saisissant et nous permet de ne pas lâcher la manette. C’est du grand niveau.

Concernant le character Design … que dire de Dracula ? Quel charisme ! Gabriel a pris de l’âge mais il en impose par sa puissance, son aura. Plus que beaucoup de personnages de jeu vidéo. Les autres personnages du jeu disposent également de certains atouts si on omet certains ennemis. Le bestiaire un long comme deux bras et certains choix de MercurySteam se révèle plutôt étrange. Alors que les monstres et la confrérie de la lumière sont de la partie quelle est l’utilité de nous imposer des méchas. Ce n’était vraiment pas nécessaire. Tout comme les monstres disposant d’armes à feu. En soi je ne trouve pas utile les armes à feu dans un jeu tel que Castlevania. Les choix des développeurs ne sont pas toujours judicieux.

C’est bien sûr les combats de boss que l’équipe se rattrape. Le jeu propose toujours autant de défis et d’épicness sur ces phases. Même si on peut discuter du design de certains boss, le travail et le rendu sur ces combats est plutôt séduisant. On en prend plein les yeux et tant mieux. Il faudra simplement oublier les titans du premier opus (quoi, je suis nostalgique, moi? Vraiment?)

En parlant de difficulté, le jeu nous en propose un paquet. Bon c’est loin d’un Dark Souls mais le défi est au moins autant présent que dans le premier opus sur ces phases de combat. Les ennemis sont souvent en nombre ET coriaces. Quand s’ajoute à cela des mini boss il est préférable de jouer stratégie grâce aux pouvoirs de Dracula.

En soi les pouvoirs et les mécaniques de combat sont sensiblement les mêmes que le précédent opus. L’arme principale est une sorte de fouet organique que notre héros utilisera à sa guise. Finalement son utilisation et le rendu de cette utilisation est pratiquement le même qu’avec le fouet iconique du premier Lord of Shadow.

Ajouté à cela Gabriel disposera de deux armes secondaires : – les poings de feu, permettant de casser la garde des ennemis et de lancer des bombes enflammées – une épée spectrale permettant de geler l’ennemi, de le ralentir mais aussi de récupérer de la vie. Vie que nous pouvons également récupérer en utilisant un finish-move sur n’importe quel ennemi.

C’est d’ailleurs sur ce genre de scène que Gabriel profite de ses atouts de vampires. Croquer dans la jugulaire ne lui aura jamais été aussi aisé.

Les armes seront à amélioré tout au long du jeu grâce aux crédits engrangés en tuant les ennemis ou en ramassant certains objets. Le nombre de combos possible est d’ailleurs très large, ce qui permet d’approcher chaque combat de différentes manières. Il ne faudra pas négliger non plus la recherche d’item permettant d’améliorer la jauge de vie et la jauge d’utilisation des armes secondaires. À ces armes s’ajoute des pouvoirs, Dracula peut toujours utiliser des dagues, voir des nués de chauves-souris mais il peut également se transformer en brume pour passer certains obstacles. Des obstacles souvent présents sur phase de plates-formes, qui se révèle toujours aussi bien menée de la part des développeurs même si l’utilisation du fouet est à l’état de néant dans cet opus.

Outre ces phases de combat et de plates-formes MercurySteam a mis en place des phases d’infiltration où il faudra combiner de ruse pour passer inaperçu. En soi Dracula est le seigneur des ténèbres donc à quoi bon réaliser ces phases. Ceci est justifié par le fait que Gabriel est encore trop faible pour rencontrer certains ennemis en face à face (alors que détruire des acolytes ne lui posera aucun problème). En bref sur ces phases il sera possible d’utiliser la nué de chauves-souris pour détourner l’attention ou encore de se transformer en rat pour atteindre d’autres emplacements, pour saboter certains éléments etc. … L’idée est présente, intéressante mais pas assez bien développée et justifiée selon moi. De plus ses séquences se répètent. Le recyclage c’est bien mais pas pour l’infiltration. Pas dans Castlevania lord of Shadow en tout cas.

Bon gré mal gré, on ne peut nier que la société ait essayé de faire des efforts et d’ajouter en diversité, mais ce n’est pas toujours réussi. Les phases d’infiltration en sont le constat.

Toujours est-il que le point fort de ce Castlevania Lord of Shadow, c’est inévitablement sa bande-son, comme pour le premier opus. Oscar Araujo est une nouvelle aux manettes et le travail est Ô combien remarquable. Tantôt orchestrale, tantôt synthétique. Chaque musique possède un cachet et restera marquée longtemps en mémoire. C’est grand, c’est épique, c’est magique, c’est l’apogée de Dracula. Du génie.

Que dire des doublages VO. Robert Carlyle qui double Dracula est juste majestueux. Si Gabriel a du charisme c’est en partie grâce aux doublages de cet acteur, tout comme Patrick Stewart qui joue Zobek et Richard Madden qui double Alucard, le fils de Gabriel.

Sur beaucoup de points ce Castlevania souffre de la comparaison avec son aînée. Des phases répétitives à l’univers moins attrayant, le jeu est loin d’être aussi bon que son prédécesseur. Seulement il y a quelque chose d’inexplicable qui rend certains passages grandioses, relevant du génie. MercurySteam a essayé de faire évoluer le matériau de base. Non sans accrocs. L’aventure dure tout de même une bonne quinzaine d’heures et si nous faisons abstraction du premier opus, nous profiterons amplement de ce Castlevania qui dispose de son lot de côté épique. C’est dark, mais c’est grand par bien des côtés.

NOTES :

  • Graphismes : 16/20
  • Gameplay : 16/20
  • Durée de vie : 15/20
  • Scénario : 14/20
  • Bande son : 19/20

Note Générale : 16/20

Les plus :

  • Oscar Araujo, tout simplement
  • le charisme de Gabriel
  •  Les combats de boss EPIC !
  • Certaines scènes relevant du génie
  •  Aventure homogène
  • Les doublages : de l’art

Les moins :

  • Très difficile de ne pas penser au premier opus
  • un changement d’univers radical, pour le meilleur et pour le pire
  •  moins varié que le 1er opus, moins surprenant également
  • les phases d’infiltration … wtf ? – Une technique vieillissante

L’avis de Clyde :

comme précisé précédemment, pour profiter amplement du jeu il faudra oublier le premier opus. Castlevania lord of Shadow est par bien des aspects très différent du premier opus mais aussi très ressemblant. MercurySteam a réussi à servir un jeu proposant son lot de scène culte, son lot de scène épique. Nous pouvons reprocher qu’à moitié la risque de risque du studio car ils ont essayé de faire évoluer la licence … vers quelque chose qui est finalement moins intéressant. Toujours-est-il que cela reste du très haut niveau malgré certains choix peu judicieux. Je parle comme un fan du premier opus, je ne peux que vous conseiller cette suite. Le dragon est de retour.

« After centuries of sleep, of nothingness, I have returned. »


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