Test Silent Hill Downpour: Le survival est de retour

Publié le 16 mai 2012

  • Titre: Silent Hill Downpour
  • Editeur: Konami
  • Développeur: Vatri
  • Type: Survival Horror
  • Plateforme: Xbox 360/PS3
  • Prix: 65€

Longtemps que l’on attendait un survival horror … longtemps que l’on attendait un bon épisode HD de la licence Silent Hill … longtemps que l’on voulait du frisson, de la manipulation, de la peur psychologique. Silent Hill Downpour est un vrai tournant dans la saga mais aussi dans le Survival Horror de cette génération. Trêves de flagorneries, parlons de ce soft qui nous fait revivre de vraie peur.

On incarne Murphy Pendleton, un personnage qui a été incarcéré dans un pénitencier d’état plusieurs années pour vol de voiture de police … et accessoirement d’une course-poursuite avec cette même police. Murphy doit se faire transférer dans un pénitencier haute sécurité, tout le monde se prépare alors pour le transfert. Une fois dans le bus, la route se fait tranquillement, sans un bruit en compagnie d’autres détenus. Cependant, le bus est victime d’un accident près de Silent Hill et Murphy se réveille dans un chaos totale, livré à lui-même, contre vents et marées. Le héros du soft va chercher de l’aide et tenter de rejoindre un quartier habité.

C’est alors que Murphy va devoir faire face à d’étranges entités pas très gentilles … mais il va également devoir faire face à ses démons. Entre culpabilités, rédemption et peur, Silent Hill Downpour nous plonge dans un trip psychologique très bien écrit, émouvant mais également effrayant. Dans un sens, on peut rapprocher Silent Hill 2 (que je suis actuellement en train de faire) et Silent Hill Downpour.

Cependant Silent Hill 2 a une perfection dans le scénario, dans l’ambiance, dans le glauque et le psychotique que Downpour n’atteindra pas … mais Murphy a réussi à s’en rapprocher! Accrochez-vous et découvrez le passé et les démons de notre cher M. Pendleton. Ça vaut le coup !

Comme beaucoup de personnes avant moi, on reproche à ce Silent Hill de posséder un scénario plutôt mou dans la première partie. Mais une fois arrivé à Silent Hill, l’histoire commence réellement et prend un sens nouveau … De l’immersion, une bonne narration et un personnage charismatique, les développeurs ont concocté un cocktail réussi malgré quelques longueurs. Toutefois, une première certitude: après un Homecoming plutôt très décevant dans le genre, les scénaristes ont ici bien travaillé leurs sujets, pour notre plus grand bonheur.

Silent Hill: Downpour est coupé en deux parties, l’une dépaysante, l’autre dans le coeur de Silent Hill. Forcément ce sont deux atmosphères différentes avec des environnements différents.

Comme expliqué précédemment nous commençons le soft dans le chaos total à côté du bus renversé. À ce moment nous sommes loin d’être dans la ville de Silent Hill. Notre but étant de s’échapper de cet endroit et de chercher de l’aide, nous allons nous diriger vers la ville sans se poser de questions et en passant à côté d’environnement varié et souvent superbe et bien maîtrisé. Par exemple, on pourra s’émerveiller à côté d’une mine, devant un panorama constitué de chutes d’eau, de falaise, d’ombre et de lumières. On passera également en forêt, à la manière d’un Alan Wake, dans un hôtel glauque, une petite campagne, une mine etc. Sur ce point l’univers est très riche bien que le scénario ne soit pas au rendez-vous dans cette partie du soft.

Une fois arrivé dans la ville de Silent Hill, l’univers est tout de même assez différent. Nous sommes plongés dans une partie sud de la ville, encore jamais utilisé dans les précédents opus. On retrouve le brouillard, la pluie, le tonnerre, les petites maisons, les pavillons, l’école, la mairie, l’orphelinat, les souterrains, la prison. On se sent très seul dans cette ville complètement dévasté, mais aussi très libre. Les développeurs nous offrent un level design vraiment très bon ainsi qu’une multitude de quêtes annexes. C’est d’une manière grâce à ces quêtes annexes que l’on a un si bon level design car beaucoup de bâtiments peuvent être visités via ces quêtes. C’est un grand voyage mais aussi une torture de gambader en ville, la peur étant présente de bout en bout.

La dimension parallèle n’a pas disparu bien qu’étant moins présentedans ce Silent Hill Downpour. La première fois qu’on est transporté dans ce monde ernatif m’a plutôt impressionné je ne vous le cache pas. Ici aussi le level design est vraiment bon. C’est d’un glauque absolu et exquis. Parlons Character Design. Murphy possède un vrai cachet, tout comme ce postier vraiment spécial. La flic a pas mal de charismes et est plutôt bien modélisée. Le reste des personnages sont un ton en dessous mais cela reste appréciable.

Niveau bestiaire on peut dire au revoir aux monstres sur lesquelles on ne pouvait pas poser de visages tant ils étaient difformes. On devra faire face à de grand et gros monstre blanc, à des Dolls (qui m’ont fait beaucoup penser aux bestiaires de Deadly Premonition), des esprits,quelques boogeymen etc… Bref le bestiaire n’a pas un cachet de malade et est différent des 4 premiers Silent Hill, mais on s’y fait plutôt rapidement. Là où Silent Hill pêche c’est dans la technique. Le soft est composé de trop nombreux freezes et chutes de framerate, c’est quand même très désagréable. Le moteur physique quant à lui est loin d’être exceptionnelle, il est même plutôt vieillot. Les effets de lumière sont de très bon goût mais le jeu est composé d’aliasing et de bug de textures.

Le côté technique fait pencher la balance vers la moyenne, alors que le level design aurait tendance à faire monter la balance vers l’excellence. Cependant et malgré un moteur physique vieillot, l’univers est tel qu’on est rapidement immergé dans le soft, dans la frayeur psychologique. On garde le côté positif avec le level design et les multiples environnements.

Concernant le gameplay, c’est mi-figues mi-raison. Murphy est super rigide (c’est une remarque que l’on peut faire pour tous les Silent Hill). C’est un petit retour aux sources qu’on nous fait la…pas pour le meilleur. On sera rapidement frustré même si cette rigidité renforce le côté survival. Cette rigidité on la ressent fortement dans les combats. Face à un ennemi il faut parer les coups pour attaquer après. Contre un ennemi ça va, c’est quand il y en a plusieurs que ça devient compliqué. Préparez donc vos trousses de soins, sauf si vous évitez les combats, chose que l’on peut faire une fois en ville, à la manière encore une fois d’un Silent Hill 2.

Pour combattre on aura une bonne palette d’arme. Hache en bois, en acier, flingue, fusil à pompe, pierre, bout de bois, pied de biche, pistolet à clou j’en passe et des meilleures. Ne partez pas trop optimiste, tous ces objets se cassent au fil du temps (mises à part les armes à feu). Cela renforce grandement la fragilité psychologique et physique du joueur et de Murphy.

Niveau objet (parce que vous pensez bien qu’on n’aura pas que des armes), on aura accès à un inventaire ique nous permettant d’accéder à un briquet, une lampe simple ou U. V, ainsi que tout un tas d’autres objets dont ceux nous servant pour les quêtes (principale ou secondaire).

Je parlais de lampe U.V, celle ci nous permettra de découvrir des indices ou encore de combattre des ennemis invisibles (se reporter aux bestiaires que je décrivais plus haut). D’ailleurs en parlant d’ennemis, quand la pluie tombe il n’est pas bon de les affronter (à croire que les développeurs ont autant adoré Deadly Premonition que moi parce que c’est un point commun entre les deux jeux) parce qu’ils deviennent bien plus fort. J’aimerais faire une mention spéciale au « croque mitaine » qui en impose vraiment.

Silent Hill oblige on trouve également une multitude d’énigme allant du plus simple au plus compliqué. De ce côté on s’aperçoit vraiment que l’âme de Silent Hill est belle et bien présente, pour notre plus grand bonheur. Préparez donc vos méninges.

Murphy aura un accès complet à un journal complètement e.Celui-ci sera composé des objectifs (principaux et secondaires), decoupure de journaux, indices, notes que l’on récupère au cours du jeu. Bien entendu on aura la carte de Silent Hill habituel nous permettant de se localiser en ville. Cette carte est très importante puisque l’exploration est de mise … et sans cette carte il serait impossible de se déplacer correctement.

Pour finir, les courses poursuites (comme dans Shartered Memories, l’épisode sur Wii). Ce n’est pas le meilleur point du jeu. Murphy estpoursuivi dans le monde ernatif par une gigantesque lumière rouge … si elle nous touche trop longtemps Murphy sera envoyé dans les profondeurs insondables de l’enfer. Un peu long, pas super dynamique, ces phases ne sont pas indispensables et ne sont pas les plus réussis du soft.

Le gameplay est réussi, Murphy est vraiment fragile et on est barré dans un tripe psychologique. On ressent vraiment le survival. Malheureusement c’est trop rigide et il n’y a pas mal de soucis techniques. Cependant cela n’entache en rien sur le plaisir qu’on prend en jouant à Silent Hill Downpour.

Au niveau de la bande-son c’est encore d’un autre niveau. Pour commencer j’adore la musique du trailer chanté par Korn, bien que certains la trouve un tantinet générique. Ensuite, la licence a changé de compositeur! Exit Yamaoka, l’ancien compositeur de la licence qui était plutôt génial, c’est Daniel Licht (accessoirement compositeur de Dexter) qui a pris le relais. Pour tout vous dire, c’est pratiquement parfait. L’ambiance sonore est excellemment travaillée, Daniel a vraiment joué sur la peur que l’on peut ressentir. Concernant les musiques c’est du très bon niveau aussi. Daniel Licht afourni du grand travail. Les doublages en anglais sont très bien réalisés.

Un grand merci à Daniel Licht qui m’aura fait vivre l’une de mes meilleures expériences en ambiance sonore dans le type survival-horror.

Finissons par la durée de vie. Il vous faudra une dizaine d’heures pour terminer Silent Hill Downpour. À savoir qu’il y a 6 fins. (bonne et mauvaise). La durée de vie reste plutôt potable!

Notes:

  • Graphisme: 14/20
  • Gameplay: 14/20
  • Bande son: 20/20
  • Durée de vie: 15/20
  • Scénario: 16/20

Note Générale: 16/20

  • level design de haut niveau
  • une première partie possédant un univers avec beaucoup de cachets
  • une étreinte psychologique bien présente
  • un Murphy Pendleton très charismatique

Les moins:

  • de trop nombreux freezes
  • Murphy trop rigide
  • un bestiaire loin d’être ultime
  • monde ergatif sous-exploité

Conclusion:

ENFIN! ENFIN! ENFIN! Une vraie bonne surprise ce Silent Hill. Après un Homecoming très décevant on se demandait si on retrouverait un jour l’esprit Silent Hill…et je vous confirme que oui! Ce Silent Hill Down pour pioche à gauche, à droite pour un rendu vraiment bon malgré de grosses tares et d’énormes soucis techniques.Si vous rêviez d’un Survival sur next gen, ce soft fera votre bonheur.

« Lorsqu’on souffre et qu’on a peur pendant aussi longtemps, la peur et la douleur se transforment en haine, et la haine commence à changer le monde. »