Test Pandora's Tower, perle cachée ?

Publié le 17 avril 2013

Titre: Pandora’s Tower

Éditeur : Nintendo

Développeur : Ganbarion

Genre : Action / RPG

Support : Wii

Prix : env. 40 €

Sortie le 13 avril 2012, Pandora’s Tower faisait partie des trois grands derniers jeux de la Wii avec The Last Story et Xenoblade Chronicles. Étrangement, celui-ci avait fait très peu de bruit pour son arrivée sur la blanche console de Nintendo. On ne pouvait donc que s’inquiéter face à ce silence. Cependant il n’en est rien, le soft à la jaquette noire a été une véritable surprise.

Pour commencer, il faut savoir que le titre n’était au préalable pas programmé pour sortir or de l’archipel nippon tout comme ces homologues que sont Xenoblade et The Last Story. Cette venu sur le territoire Occidental, on la doit à une pétition Américaine nommée Opération Rainfall.

Comme cité un peu plus haut, le jeu à l’originalité de se présenter sous une jaquette noire. Tout cela pour dire que Pandora’s Tower est un jeu assez mature destiné à un public adulte. En effet, le scénario se veut assez simple dans son approche avec cependant un côté à la fois gore et philosophique dont nous reparlerons plus tard.

L’histoire ne va pas traîner à se mettre en place puisque l’on nous met d’emblée au cœur de l’action grâce à une cinématique chargée en émotion où l’on va découvrir les 3 personnages de cette histoire qui se déroule en l’an 511 de l’ère unifié. Unifié car le monde a connu une guerre entre deux grands royaumes, Elyria le territoire ou vit Élena une jeune fille de 19 ans joyeuse et Athos, royaume ou réside Aeron, un jeune homme de 22 ans pleins de courage. Cependant la paix c’est de nouveau installé avec néanmoins quelques tensions qui subsistent encore. Preuve en est, alors qu’Élena chante de sa magnifique voix pour célébrer la fête de la récolte avec son peuple, Aeron qui appartient donc au royaume voisin doit se faire discret au milieu de la foule ou les soldats d’Elyria montent la garde, pour observer sa bien-aimée.

Cet événement qui respirait la gaieté et le bonheur va cependant vite devenir un cauchemar, Élena va être l’objet d’un drame appelé la malédiction de la bête. Cette dernière transforme peu à peu la jeune fille en un monstre répugnant et difforme. Ni une ni deux, lorsque Aeron voit cela, il se précipite pour rejoindre sa dulcinée. En cours de route les deux tourtereaux vont croiser Mavda, une vieille dame qui semble en savoir beaucoup sur la malédiction et qui va proposer son aide. Ainsi elle apprend au couple que pour lever la malédiction Élena va devoir manger de la chaire de maître provenant de treize tours se situant en un lieu étrange appelé la Brèche. Mise au point faite, ces derniers vont rapidement fuir Elyria et se poser à l’observatoire, un ancien lieu militaire.

« La chaîne est une arme vraiment efficace »

Pendant la course que va mener Aeron contre la malédiction, l’observatoire va servir de point de relais avec les treize tours. Il constituera un élément important du jeu car c’est en cette battisse abandonnée que notre preux chevalier devra nouer des liens avec Élena. Cela n’est pas à prendre à la légère, vous devrez régulièrement parler à votre bien-aimé afin de renforcer les sentiments qu’elle éprouve envers vous. Mais le blabla ne suffira pas. Pour combler une femme il faut également lui offrir des cadeaux, le porte-monnaie du jeune homme sera donc mis à rude épreuve.

Dans toute cette histoire on en aurait presque oublié Mavda, c’est d’ailleurs auprès d’elle que vous pourrez acheter des cadeaux en tous genres (tapis, fleurs…) qui auront une influence directe sur l’Observatoire, Elena se servant des cadeaux pour décorer le lieu de vie. Le rôle de Mavda au sein de l’équipe est déterminant pour plusieurs raisons. C’est elle qui va remettre à Aeron la fameuse chaîne d’Oraclos qui a la capacité d’arracher les cœurs des maîtres auxquelles celui-ci devra faire face. De plus, c’est par son intermédiaire que l’on pourra créer de nouveaux objets, en réparer et crafter nos armes car oui, la chaîne ne sera pas notre seul outil de mort bien qu’elle participe grandement à être l’une des forces du titre. Ce simple enchaînement de maillons est digne d’un couteau suisse multifonction puisque une fois dans une tour elle fera office d’arme, de grappin et vous permettra d’actionner des mécanismes.

Ces passages par les tours devront être rapides et productifs, Élena étant maudite, une jauge indique l’état d’avancement de sa transformation. Il faudra donc nécessairement faire des allers-retours tout en veillant à rapporter de la chaire afin de ralentir la progression de la malédiction. Pas de panique cependant, des raccourcis sont débloqués afin de ne pas refaire de longs trajets. Nous voici arrivés à l’aspect un brin gore dont nous faisions mention un peu plus haut. En effet, au tout début des péripéties de notre duo, Élena exprime un certain dégoût lorsque la chaire entre en contact avec ses lèvres. Il est vrai que c’est certainement beaucoup moins agréable que d’embrasser Aeron. Cependant vous verrez au fil de l’aventure que cette dernière va peu à peu prendre goût à déguster ces morceaux de viande frais. Elle ira même jusqu’à s’en lécher les lèvres et sera à la limite de l’imploration. Son nouveau régime alimentaire deviendra donc un véritable moment d’extase. Le jeu étant un RPG / action japonais, on retrouve le côté mielleux des personnages qui caractérise si souvent ce genre de production. On aime ou l’on n’aime pas, il n’empêche que cela rend la relation amoureuse de nos deux personnages plus forts.

« Bon appétit bien-sûr »

En parlant des personnages, le character design est vraiment très réussi. Élena est d’une beauté révoltante (tant que la malédiction ne fait pas effet bien entendu) tandis que Aeron, bien que très peu loquasse, à un certain charisme.

Concernant les nombreuses tours, passage qui n’est pas sans rappeler la licence Zelda, elles s’avèrent relativement grandes, bien que répétitives au fil de l’aventure. Les couleurs et textures se ressemblant d’une tour à l’autre. Le même constat est à faire en ce qui concerne le bestiaire de base, les monstres se ressemblant eux aussi contrairement aux différents boss que l’on doit affronter. Ces derniers d’une taille imposante font fortement penser à Shadow of the Colossus. Pas impossible à battre du fait de leur point faible facilement repérable, ces combats ou la technique et l’esquive seront les maîtres mots vous procureront un sentiment de toute-puissance une fois ces titans vaincus. Avant de vous lancer à corps perdu dans l’arène, il est toutefois conseillé de bien choisir son équipement et de faire le plein de médicaments car les coups donnés par ces boss démesurément grands font mal… très mal.

« Une des nombreuses fonctions de la chaîne en image »

Comme vous l’aurez très certainement remarqué, il n’est fait mention dans ce jeu que de deux décors, l’Observatoire et les tours ainsi que de trois personnages. C’est en effet l’un de grands partis prix du soft. Nous somme très rapidement enfermés dans ce scénario au chemin déjà tracé. Ce choix prit par les développeurs amènes donc inévitablement un goût de déjà vu durant la progression de l’histoire. Il faut donc passer outre cette linéarité pour apprécier pleinement Pandora’s Tower.

Bien que le périple d’Aeron soit très dirigiste, on peut toutefois compter sur une bande-son digne d’un véritable opéra pour casser le risque de lassitude que le joueur pourra ressentir. Rien que le thème principal du soft annonce déjà le côté épic. Il s’agit d’une reprise de Dies Irae. À noter que la même musique revient dans chaque tour visitée. Ces mélodies souvent accompagnées de choeurs puissants qui sont principalement des reprises de grand nom de la musique ique comme Franz List pour ne citer que lui collent cependant parfaitement bien à la trame scénaristique mise en place par le studio Ganbarion. Elles retranscrivent avec brio le désespoir, la tristesse mais aussi l’amour que nos deux personnages ressentent. Cet amour maudit m’amène justement à parler brièvement de l’aspect philosophique du titre car inévitablement, celui-ci nous pousse à réfléchir sur la notion de bonheur. Vaut-il mieux vivre dans la laideur et être heureux ou dans la beauté et être malheureux.

« Elena, Aeron… Un couple maudit mais heureux »

En ce qui concerne les voix, elles ne sont qu’en anglaise, pas de voix japonaise donc. Un petit regret qui n’entache cependant en aucun cas la touch british qui s’en sort parfaitement bien.

Nous voici maintenant arrivé au dernier point à évaluer, la durée de vie. Pandor’as Tower n’est pas un jeu à faire en ligne droite. Du fait de la relation que l’on entretient avec Elena, différentes fins sont au programme, cinq pour être exacte. Bien sûre pour avoir la meilleur fin possible, il vous faudra être constamment à l’écoute de la demoiselle et la combler comme il se doit. Compter donc au minimum une trentaine d’heures avant d’arriver au terme de l’histoire. À savoir aussi que pendant l’aventure, de nombreuses zones au sein des tours sont inaccessibles. Il vous sera donc donné l’occasion de recommencer une partie grâce à ce mode New Game + débloquer une fois le titre terminé.

NOTES:

  • Scénario: 16/20
  • Gameplay: 17/20
  • Graphisme: 15/20
  • Bande-son:18/20
  • Durée de vie: 18/20
  • NOTE GENERALE: 18/20

Les plus :

  • La relation Elena/Aeron
  • Des musiques épique
  • Un gameplay qui exploite à merveille la Wiimote
  • Durée de vie plus que satisfaisante
  • Un scénario mature…

Les moins :

  • … mais qui s’avère très linaire dans son approche
  • Des graphismes propre mais répétitif
  • Les nombreux allers-retours

L’avis de Linky :

Pandora’s Tower est un véritable chef-d’œuvre qui n’est toutefois pas à prendre comme un jeu bête et méchant ou il suffit de tuer des monstres pour sauver sa dulcinée. Derrière son scénario des plus iques se cache une histoire sombre, glauque mais aussi pleine de sentiments qui pousse à la réflexion. Bien que répétitif, le soft de Ganbarion parvient néanmoins à nous captiver par son univers si particulier et sa bande-son orchestrale. Un hit de la Wii qui mérite une place sur votre étagère mais réserver à un public avertit.

« Faut-il mourir dans la beauté ou vivre dans la laideur ? »