Test Halo 4: Quand Bungie laisse sa place pour une nouvelle trilogie Halo

Publié le 1 janvier 2013

  • Titre: Halo 4
  • Editeur: Microsoft
  • Développeur: 343 Industries
  • Genre: FPS
  • Prix: 60€ neuf
  • Support: Xbox 360

Un peu plus de 5 ans après les dernières aventures téléphoniques de Halo (problem ?), le Masterchief a repris du service, pour notre plus grand plaisir à tous, dans le nouvel opus qui se veut enfin la suite direct de Halo 3, je cite, Halo 4. Après nous avoir fait patienter avec des jeux plus ou moins bons tels que Halo 3 : ODST ou Halo Reach, la série a enfin repris la suite direct des événements de la 1ère trilogie Halo. Première trilogie ? Eh oui, car avec le départ de Bungie aux commandes de la série, marquant la fin d’une trilogie qui a révolutionné le FPS, est arrivé le début de la seconde trilogie, cette fois sous la coupe d’un nouveau studio, interne à Microsoft, crée pour l’occasion : 343 Industries. Reprendre le flambeau d’un studio tel que Bungie est évidemment une tâche colossale, le niveau d’attente de la communauté étant évidemment extrêmement relevé. Nous avions déjà eu un aperçu toutefois limité des capacités de ce studio avec Halo CE Anniversary, remake HD du tout premier Halo, qui s’est avéré de très bonne qualité, avec un renouveau graphique énorme par rapport à Halo 3. C’est donc curieux de voir les capacités de ce nouveau studio que nous allons débuter ce test.

Au début de Halo 3, lors des tous premiers instants du jeu, on vous mettait directement dans la peau du Masterchief, sans plus de procès avant de commencer l’action dans des décors qui même à l’époque étaient indiscutablement faiblards. Dans Halo 4, il n’en est pas question. Que sont les tous premiers instants du jeu ? Une séquence cinématique de quelques minutes mettant en scène le docteur Haley, avec en prime une claque visuelle impressionnante. Même si ce n’est là qu’une cinématique, le ton est donné pour ce qui est des graphismes. En effet, juste après cette séquence, on vous met dans la peau du Major réveillé quelques instants plus tôt par Cortana alors que le vaisseau dans lequel ils dérivaient se retrouve en mauvaise posture. Et là, c’est la vraie claque. S’il est vrai qu’une cinématique ne permet pas de se rendre compte réellement des capacités graphiques d’un jeu, ces premiers instants se trouvent être impressionnants de qualité.

Outre l’armure du Major remasterisée et le HUD modifié, la qualité des décors et des lumières sautent aux yeux dès les premières secondes de jeu. Si les armes se retrouvent affublées d’un design épuré, les véhicules d’une nouvelle peau et les textures d’une consistance, les décors en eux mêmes sont relativement beaux, parsemés d’effets tous plus somptueux les uns que les autres bien que moins majestueux et surtout moins grands que dans les précédents volumes. Les effets spéciaux tels que les tirs de plasmas Covenants sont eux aussi remis au goût du jour.

Pour ce qui est des ennemis, plus question de Flood en supplément des Covenants, mais de Prométhéens, intelligences artificielles qui seront détaillées plus loin dans le test. Les Covenants ont eu le droit à un lifting bien mérité, remarquable principalement sur les armures des nombreux élites que l’on rencontrera lors de l’aventure. Pour ce qui est des Prométhéens, nous trouvons en eux de nouveaux ennemis qui, visuellement parlant, pourraient être associé à la qualité des Covenants, avec des design très épurés et futuristes, aux allures de robots organiques. Les plus travaillés sont évidemment les Knights, ennemis les plus coriaces de cette race, que l’on pourrait assimiler aux Elites chez les Covenants. Pour finir sur les éléments graphiques les plus notables, mention spéciale aux vaisseaux, que ce soit de la flotte de l’UNSC, devenue une superpuissance galactique, ou les vaisseaux prométhéens qui sont tout simplement somptueux.

Si Halo a révolutionné le genre du FPS, c’est bien entendu avant tout pour son gameplay, dynamique et simple tout en gardant une certaine lenteur dans les actions par l’absence de la possibilité de sprinter, chose très peu commune dans les FPS d’aujourd’hui. Halo Reach avait apporté des pack comportant des bonus tels que le jet pack ou le sprint, donnant ainsi une nouvelle diversité au gameplay, il était donc possible de sprinter bien que de manière relativement limitée, comme pour tous les autres bonus disponibles.

Dans Halo 4, 343 Industries a fait un pari osé, en prenant le risque de se mettre à dos les puristes de la série, avec l’apparition du sprint comme élément de base dans le gameplay du Major, modification lourde de conséquence sur un jeu qui a toujours misé sur une certaine lenteur dans les déplacements. Le corps à corps devient donc encore plus dangereux qu’il ne l’était auparavant, et les chainkill à l’épée à énergie doivent à présent être monnaie courante dans les parties multi. Certains aimeront, d’autres pas. En revanche, le saut défiant la gravité, caractéristique du Major, n’a pas été modifié.

Pour ce qui est de la difficulté, qui s’étend de facile à légendaire, le bilan peut paraître quelque peu mitigé. Alors que la difficulté normale s’avère être relativement facile, plus qu’elle ne l’était dans les précédents jeux, la difficulté héroïque est une marche du coup plus grande, de même pour légendaire, qui est quelque peu plus ardue que d’accoutumée. On saluera l’IA particulièrement performante des Covenants, tous plus redoutables les uns que les autres. En revanche, les prométhéens sont quant à eux facilement prévisibles après quelques joutes. Les « chiens » ne sont dangereux qu’en grand nombre, et ce seulement quand ils ont la décence de ne pas prendre peur à votre approche. Les Knights, bien que relativement puissants, que ce soit au corps à corps ou à distance, sont très faciles à cerner, et il n’y a guère que leurs supports qui peuvent leur apporter l’aide nécessaire pour en faire de redoutables adversaires.

Pour ce qui est de vos alliés, vous ne vous retrouverez que rarement en leur compagnie, et leur niveau d’intelligence ne semble pas avoir réellement évolué. L’utilisation d’un warthog avec pour conducteur un de vos alliés est toujours aussi frustrante, quand vous vous rendez compte que pour une quelconque raison, celui ci ne daigne plus appuyer sur la pédale d’accélérateur. Les mettre à la tourelle est un peu plus productif, bien qu’ils semblent toujours y aller avec parcimonie, peut être de peur d’épuiser les munitions (illimitées) de leur tourelle…

En ce qui concerne l’armement, la réapparition du BR (fusil de combat) est appréciable, et de nouvelles armes telles que le Saw ou le Railgun font leur apparition du côté de l’UNSC. Du côté Covenant, l’habituelle mitraillette plasma des élites est remplacée par le fusil storm. Pour les armes forunners, on trouvera plusieurs types d’armes au design très épuré mais pas spécialement puissantes, en attestera la grenade à impulsion et son taux de réussite ridicule. Le fusil binaire ou le canon incendiaire sont en revanche dotés d’une puissance de feu comparable au lance roquette ou canon plasma.

S’il est une chose qui ai vraiment chamboulé le gameplay habituel, ce serait sans aucun doute les nouveaux bonus apportés par les pack. Le jetpack est toujours là, mais de nouveaux bonus font leur apparition, tous en relation avec les Prométhéens: La vision prométhéenne, qui vous permet de repérer tous les ennemis à travers les décors, la possibilité de faire apparaître un soutien du même type que ceux des Knights, chose bien utile quand il s’agit de déblayer quelque peu le passage en évitant de gaspiller des munitions pour quelques grognards avançant inexorablement vers la mort. Enfin, le bouclier de lumière, qui s’avérera d’une utilité remarquable dans certaine parties du jeu, permettant d’avancer sous les feux incessants de vos ennemis dans certaines missions.

Qu’on se le dise, le gameplay n’est pas resté inchangé, c’est désormais 343 Industries qui est aux commandes, et ils nous ont démontrés qu’ils comptaient imposer leur touche un tant soit peu, au grand dam de certains fans de la 1ère heure. Il est vrai que cela ne plaira pas à tout le monde, mais apporter ces modifications montre l’envie d’innovation, chose faisant cruellement défaut chez certaines franchises. On ne peut donc que saluer cette initiative, et ne pas oublier que c’est ici le tout premier jeu d’une nouvelle série, et on espère qu’elle se bonifiera avec le temps.

Halo 4, c’est des graphismes en HD, un gameplay accrocheur, mais c’est aussi un jeu au scénario prenant. Jusque à présent, le point d’orgue du scénario de chaque jeu s’axait sur le conflit entre l’Alliance Covenant et l’UNSC, parfois agrémenté de Flood en complément. Cette fois ci, les covenants sont toujours de la partie, mais la puissance qui faisait autrefois trembler l’Humanité voit son rôle inversé et se retrouve en mauvaise posture face à la superpuissance qu’est devenue l’UNSC.

Ils seront donc présent tout le long du jeu, et iront même jusqu’à s’allier avec les prométhéens et leur chef, le Didacte. Pour re situer un peu les événements qui ont conduit à cette situation, il faut revenir au tout début du jeu, alors que vous dériviez dans l’espace et que vous êtes soudainement attaqués par les Covenant. Après leur avoir montré qui était le patron, vous vous apercevez que le vaisseau et même la flotte ennemie sont attirés par l’attraction d’une mystérieuse planète : Requiem, planète Forerunner de son état.

Une fois arrivés dessus, non sans casse, Cortana indique que le vaisseau allié Infinity se trouve à proximité, et suggère de lui demander de l’aide. C’est sur cette base que se déroulera l’histoire, qui prendra plus de profondeur une fois le Didacte apparu.

Alors que la mise en scène avait toujours été en rade dans les jeux précédents, cette fois nous pouvons grandement saluer les développeurs qui nous en ont mis plein les yeux, avec une mise en scène somptueuse, à tel point que l’on en viendrait presque à se demander si ce n’est pas un film qui se déroule sous nos yeux. Alors que le Spartan John 117, plus connu comme Major ou Masterchief, avait toujours été présenté de façon relativement distante, l’ambiance est crée de manière à ce que l’on se sente peut être un peu plus proche de ce personnage, au travers de sa relation avec Cortana, laquelle a atteint la date limite d’une IA et commence à subir une frénésie, la rendant folle et inconsciente, sujet de dispute et de discussions avec le Major, qui lui promet de retrouver sa créatrice pour la faire réparer, le célèbre docteur Haley. Légèrement tirée par les cheveux, cette relation sera l’occasion d’en découvrir un peu plus sur le Major et de ses éventuels sentiments humains, chose dont les Spartan devraient être dépourvus selon ce même docteur.

On notera que tout au long du jeu, les personnages, alliés ou ennemis, ont tendance à souligner le côté passé de la gloire du duo John-Cortana, et a les mettre tout de suite à la casse, opinion que vous allez bien sûr démonter tout au long du jeu en montrant aux yeux du monde que ces deux vieux briscards en ont encore quelques une à placer avant de prendre leur retraite.

Quelques situations peinent à arracher la larme à l’oeil, même si un certain sentiment de nostalgie s’installe dans nos esprits. Comme c’est une habitude de la série de placer la cinématique de fin après les crédits de fin du jeu, Halo 4 ne déroge pas à la règle et nous montre ainsi la Terre quelques mois après les événements de la fin du jeu, avec une narration d’une mystérieuse voix annonçant sans doute, de manière très vague, les péripéties à venir dans Halo 5.

Pour ce qui est des musiques, fini Martin O’Donnel et son désormais mythique « Monk Theme », thème musical principal des 3 premiers Halo. Place à Neil Davidge, qui, même s’il n’atteint pas encore le génie de son prédécesseur, nous a livré une bande musicale tout simplement somptueuse, avec un thème principal magnifique, avec une seule voix, féminine cette fois, qui réussirai presque à nous faire oublier l’ancien thème tout en réussissant à préserver le côté mystique propre à la série.

Les musiques sont toujours là pour souligner les moments d’action intense et arrivent même à faire reléguer la scène en elle même au second plan au détriment de l’écoute attentive de la musique qui nous fait plonger sans retenue dans l’immersion du jeu.

Outre ça, les effets sonores ont eux aussi été réarrangés et sont particulièrement réalistes, notamment au niveau des armes. Les véhicules eux aussi ont bénéficié de ces changements, pour le meilleur ou pour le pire, une virée en warthog vous sera nécessaire pour vous faire votre propre opinion. Les ennemis eux aussi ne sont pas en reste. Les Covenant ont vu les grognards perdre leur côté amusant en devenant on ne peut plus sérieux, plus question de les poursuivre avec allégresse, animé par une poussée soudaine de sadisme, en écoutant avec plaisir leurs complaintes enfantines, cette fois ci, ils sont plus là pour se faire démonter ! Les prométhéens ne sont pas spécialement bruyants, hormis les Knights qui ne manqueront pas de venir vous passer le bonjour en vous criant au visage, sans s’être brossé les dents auparavant.

Enfin, pour finir la campagne il faudra compter une dizaine d’heures, cela variant bien entendu en fonction de la difficulté choisie. Une fois la campagne finie, il vous est proposé si vous avez accès au xbox live, la première saison des Spartan Ops, des épisodes d’une série suivant l’équipe de Spartan Majestic dans ses aventures, et dans lesquels se trouvent de petites missions supplémentaires assez courtes mais sympathiques, d’autant plus que la première saison est gratuite. Pour finir, un mode qui a toujours ra longé la durée des Halo de manière drastique, je parle bien entendu du multi, qui peut être considéré à double tranchant, car bien qu’il soit toujours aussi dynamique et prenant, il a été ajouté cette fois ci des éléments inspirés d’autres FPS en vogue qui pourraient bien rebuter plus d’un fan de la 1ère heure du multi de la série.

Notes:

  • Graphismes: 18/20
  • Gameplay: 17/20
  • Scénario: 16/20
  • Bande Son: 19/20
  • Durée de vie: 17/20

Notes Générale: 17/20

Les plus:

  • Des graphismes somptueux
  • Un gameplay sympathique malgré les modifications
  • Une bande son magnifique
  • Scénario plus prenant que d’accoutumée
  • Spartan Ops appréciables

Les moins:

  • Un virage qui ne plaira pas à tout le monde
  • Un multi qui prend une mauvaise voie ?

Conclusion:

Prendre la succession de Bungie était bien évidemment une tâche ardue est pleine de pression. Pour le coup, on ne peut qu’encourager 343 Industries à continuer dans cette voie, car même si les modifications apportées au gameplay ne satisferont pas tout le monde, il est appréciable de voir qu’ils prennent des initiatives et ne se contentent pas de reprendre ce qu’avait fait leur prédécesseur. En revanche, le multi, qui avait jusqu’alors une identité qui était propre à la série, lorgne du côté de la concurrence et ce n’est pas pour plaire à tout le monde. Il faut donc laisser du temps à ce studio, voir si leurs erreurs leur serviront pour le prochain opus et espérer une confirmation quand à leur potentiel.

« Jugez mes actes à votre guise. Mais ne doutez pas de la réalité. Le Dépositaire est déjà à l’œuvre, et nous ne pourrons pas l’arrêter »

Trailer:


1 commentaire sur “Test Halo 4: Quand Bungie laisse sa place pour une nouvelle trilogie Halo

    Kayla

    (30 janvier 2013 - 22 h 18 min)

    Le meilleur pour moi reste la campagne et le mode Spartan Ops. Le multi n’est pas fait pour moi, à part Rigicide que de temps à autre j’y joue avec mon coéquipier Cerberus juste pour se marrer 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *