Test Hyrule Warriors, a Link Between Legend and Dynasty

Publié le 8 octobre 2014

  • Titre: Hyrule Warriors
  • Editeur: Tecmo Koeil
  • Développeur: OMEGA Force
  • Genre: Beat’em All
  • Support: Wii U
  • Prix: 50€ env.

Quel sujet difficile à traiter que ce Hyrule Warriors. Dois-je le tester comme un Zelda, comme un jeu de la série Dynasty Warriors, ou bien quelque chose de différent, à mi-chemin entre les deux séries ? Pour garder un maximum d’objectivité, la dernière solution paraît la meilleure. Mais soyez prévenus dès le début, ce jeu pourrait vous décevoir ou au contraire vous accrocher à votre console de longues heures durant. Il avait laissé beaucoup de joueurs dubitatifs suite à son annonce lors d’un Nintendo Direct, et c’était légitime. Si vous souhaitez avoir plus de détails, lisez ce qui suit.

L’histoire d’Hyrule Warriors est plutôt basique. Zelda se réveille d’un cauchemar d’où elle a ressenti une terrible menace planant sur le royaume d’Hyrule. Impa est à ses côtés et si ce rêve s’avère prémonitoire, elles vont devoir trouver très rapidement le héros Légendaire, le seul capable de repousser les ténèbres et d’apporter la paix au royaume. En regardant les nouvelles recrues de son armée, Zelda remarque très rapidement un jeune homme. Mais elle ne peut s’en préoccuper davantage car un soldat rapporte que le château va bientôt être attaqué par une armée gigantesque. Tous se préparent donc à la bataille. Le jeune homme qui fut remarqué plus tôt par la princesse s’équipe de son épée d’entrainement et fonce rejoindre l’armée pour la guerre. Quant à l’armée ennemie, dont les intentions sont clairement belliqueuses, elle est contrôlée par une sorcière opulente du nom de Cia, et ses généraux Volga etI scerro, mais ce qu’ils convoitent est inconnu. Il incombera au jeune homme, prénommé Link, ainsi qu’aux autres membres de l’armée de découvrir leurs intentions et d’essayer de faire échouer leur plan de conquête. Après avoir repoussé l’envahisseur, Link s’avère être le héros dont parlent les légendes, le porteur de la Triforce du Courage, et se voit confier par Impa la tenue que revêtirent tant d’élus avant lui. Zelda ayant disparu, ils vont devoir la retrouver avant d’envisager une riposte contre l’armée de Cia.

Comme vous devez vous en douter en lisant ces quelques lignes, le scénario est on ne peut plus ique mais finalement assez efficace. Au niveau de la trame scénaristique, et surtout de la position de cet épisode historiquement parlant, Hyrule Warriors peut être considéré comme l’épisode Zelda se situant après tous les épisodes créés par Nintendo. Mais n’étant pas un épisode canonique (ce n’est pas un « The Legend of Zelda), les puristes de la saga l’oublieront dans les limbes du Royaume des Ombres. Mais d’un autre point de vue, la saga « Warriors » de Tecmo Koei est respectée tout en y incluant des éléments des différents Zelda ce qui en fait un très bon épisode.

Ce qui est certain, c’est que cet épisode n’est pas avare en contenu. Dès l’allumage de la console, l’on constate plusieurs options : le mode Légende, qui est tout simplement l’histoire principale, où les personnages seront imposés. Le mode Libre,conçu sur le même principe que le mode Légende à la différence notable que le joueur peut choisir son personnage sans restriction. Le mode aventure sur lequel nous reviendrons plus en détail car il constitue une vraie force pour le jeu. Un mode défi ique et une galerie pour tous les éléments bonus déblocables en cours de partie. L’association des deux licences était osée, mais cela permet d’enrichir le gameplay des Dynasty Warriors. En plus des centaines d’ennemis présents pour se faire occire, l’on retrouve des mécanismes propres à Zelda. Vous récupérerez certains des plus célèbres objets de la saga, tel que les bombes, l’arc, le boomerang ou bien encore le grappin qui seront utiles dans une certaine mesure pour diversifier un peu vos actions, surtout contre les boss. Car il fallait au moins ça pour compenser le peu d’actions demandées aux mains du joueur. Car pour attaquer, vous matraquerez régulièrement B, de temps en temps Y et X, et pour ajouter un brin de folie, le bouton A quiservira à esquiver les attaques.

À noter que dès la première partie, il est demandé de choisir entre une maniabilité à la « Warriors » et une autre à la « Zelda » mais cela ne changera pas radicalement les habitudes. De plus, malheureusement diront certains, le gamepad est ici clairement dispensable et il est, de mon avis, bien plus confortable de jouer avec le pro controller.

Tecmo et la Team Ninja ont bien évidemment intégré des éléments (nombreux) d’une de ses séries fétiches. Le gain en niveau est présent, il y a également des « arbres de talents » pour améliorer les compétences de ses avatars, et le marché permet de fusionner des armes pour les rendre encore plus puissantes. A cela s’ajoute l’apothicaire qui donnera des avantages divers selon les potions créées, et un centre d’entrainement, qui pour des sommes rondelettes, permettra de faire monter en niveau un personnage un peu en retard sur les autres. Bien évidemment, les rubis récupérés lors des missions serviront à financer tout cela.

Mais c’est avec ces missions que le problème le plus important sautera au visage du joueur telle une claque finalement visible depuis longtemps : la répétitivité excessive. Vous êtes prévenu, c’est un Dynasty Warriors dans le fond avant d’être un Zelda dans la forme. Bien sûr, Tecmo à prit soin d’y ajouter des éléments récurrents de Zelda, tel que la recherche de quart de cœurs et le retour des skultullas d’or, mais cela fait bien pâle figure face à cette répétitivité des actions. Et c’est là que le jeu divisera fortement les joueurs. Les ennemis tombent par centaines, les boss sont régulièrement les mêmes et les lieux visités deviendront très vite familiers pour peu que le joueur ait le courage de terminer le jeu. De plus, il n’est pas rare de devoir faire demi-tour pour sauver son bastion aux prises avec l’ennemi sous peine de voir le mot « défaite » apparaître, ce qui vous obligera à courir à l’autre bout de la carte.

Car chaque niveau, comme dans la série Dynasty, possède des forts qu’il faudra reprendre à ses ennemis tout en protégeant les siens, ce qui provoque également beaucoup de déplacements et d’allers-retours entre chaque lieux. Autre fait notable : l’intelligence artificielle. Si elle est correcte pour les boss, les troupes sont régulièrement passives, même dans votre dos. Ce n’est pas un défaut en soi, car si le joueur se retrouvait devant une centaine d’ennemis tous plus fourbes et malins les uns que les autres, la progression serait beaucoup trop fastidieuse pour le commun des joueurs. Mais là où c’est moins pardonnable, c’est que les alliés sont tout aussi bêtes et donc quasiment inutiles.

Le mode Légende, qui consiste en 18 missions, permettra aux joueurs de se familiariser avec le jeu tout en suivant ce scénario qui, comme dit plus haut, ne détruit pas la chronologie de la saga Zelda telle que Nintendo l’a expliqué dans le livre Hyrule Historia. Ce mode permettra également de débloquer quelques armes et personnages qui constituent une partie du scénario (Darunia, Midona, Fay…). De même, chaque niveau terminé sera débloqué dans le mode libre, permettant au joueur de retraverser les niveaux avec le protagoniste de son choix, et cela dans le seul but de le faire grimper en niveau et donc en puissance. Et c’est également cela qui favorise cette impression de répétition. En effet, chaque niveau a des éléments cachés déblocables avec un certain personnage. Seulement, il n’est pas rare de devoir sur un seul niveau, le faire au minimum trois fois, pour débloquer des éléments propres à chacun (quarts de cœurs, réceptacles de cœurs,skultullas), et cela, sans comptabiliser les éventuelles défaites, et les modes de difficultés qui sont sur quatre niveaux, de facile à héroïque. Autre élément pouvant être gênant, le faible nombre de personnages jouables : treize. Cela paraît bien faible en comparaison des 150 habituels de la saga Dynasty Warriors. Malgré tout, les personnages sont aussi beaucoup plus attachants dans Hyrule Warriors et ce n’est pas un mal.

Si ces impressions régulières de déjà-vu ne rebutent par le joueur, ce dernier pourra attaquer le gros morceau du jeu, le mode « Aventure ». Ce dernier est très intéressant dans la mesure ou il permet de lancer des missions, certaines bien plus difficiles que d’autres, via la carte du tout premier Zelda sorti sur la NES. Il vous sera toujours proposé cette fameuse répétitivité des combats, mais l’intérêt réside surtout dans les bonus à débloquer : nouvelles armes, nouveaux personnages, réceptacles et quarts de cœurs, skultullas. En bref, c’est un mode tout trouvé pour les adeptes du 100% et les collectionneurs en herbe. D’autant plus que tous ces objets seront utilisables ensuite dans tous les autres modes de jeu, si le joueur n’a pas décroché d’ici là. C’est dans ce mode qu’un semblant de jeu en ligne fait son apparition. Attention, rien de transcendant, il s’agit simplement de personnages d’autres joueurs qu’il faut aider sur certaines missions. Pas de vrai jeu en ligne à proprement parlé malheureusement. Le joueur pourra aussi faire appel à un ami pour occire en masse les monstres décérébrés. L’un sur l’écran, le second sur le gamepad et tout cela sans perte graphique. C’est également un bon point quand l’on sait que les autres Dynasty se jouent à deux, mais sur écran scindé. La Wii U apporte donc un confort non-négligeable au multijoueur… et c’est finalement la seule manière de jouer à plusieurs sur Hyrule Warriors.

Si les ralentissements dans les modes « un joueur » sont relativement rares, jouer à deux devient déjà un peu plus difficile et des ralentissements plus nombreux seront visibles. Si les ralentissements étaient symptomatiques de graphismes merveilleux, cela pourrait éventuellement faire passer plus facilement la pilule, mais malheureusement, ce ne sont pas ces derniers qui atténueront la sensation de répétition récurrente déjà ressenti dans le gameplay. Tecmo a sûrement dû faire des concessions sur la qualité des environnements pour limiter les ralentissements dus à un trop grand nombre d’ennemis affichés à l’écran, et cela se voit. Ce n’est pas vraiment moche, mais ce n’est pas beau pour autant. Les lieux sont vides, et refaire plusieurs fois les différentes zones proposées favorisera encore plus le possible ennui du joueur. Mais cette ombre sur les graphismes se voit malgré tout percée d’une légère lumière: les personnages. Un soin tout particulier a été apporté à leurs modélisations. Les protagonistes de la saga Zelda n’ont jamais été aussi beaux que dans Hyrule Warriors. C’est un vrai plaisir que de retrouver des personnages comme Darunia, Ruto ou bien encore Midona en HD (Fay un peu moins, mais elle m’a toujours énervé). Chacun ayant des armes bien à lui, les attaques sont également très bien rendues, et assez diversifiées. Mais certains personnages ont été plus travaillés que d’autres. Link peut avoir cinq armes différentes. Et seules Zelda avec deux armes et Lana avec trois peuvent se vanter d’apporter un peu de diversité dans leur de jeu, les dix autres personnages ne possédant qu’un seul type d’arme.

Les ennemis sont également modélisés de façon correcte, tout comme les boss, mais comme ils reviennent régulièrement à travers les niveaux et qu’ils tombent à la pelle, ce n’est pas vraiment sur eux que le regard s’attardera. Sachez tout de même que leur design est respecté et que tout amateur de Zelda saura les reconnaître sans problème.

L’autre sens qui sera mis à contribution sera l’ouïe. À l’image du jeu, on adhère… ou pas. Certains des grands thèmes de Zelda sont repris, mais réorchestrés façon rock /métal. Si les amateurs des voix graves de la scène virile apprécieront, il n’est pas dit que cela plaise à tout le monde. Particulièrement ceux dont le CD, sorti pour les 25 ans de la saga Zelda, est toujours dans la chaîne ou l’autoradio. L’autre élément sonore de la saga Zelda respecté par Tecmo : l’absence de voix. Des onomatopées, toujours présentes en grand nombre, seront les seuls sons que les cordes vocales de nos personnages pourront produire. Si ce n’est pas gênant dans un vrai « The Legend of Zelda », il aurait été préférable dans un cas comme Hyrule Warriors de se rapprocher plus d’un Dynasty Warriors avec de vraies voix. Car essayer de lire le prochain objectif en plein combat n’est pas toujours évident. Toujours à fond sur la carte du fan service, Tecmo et la Team Ninja ont également intégré les sons de Zelda. Ouvrir un coffre où trouver une skultulla tournant sur elle-même en attendant d’être cueillie, sont autant de souvenirs nostalgiques pour le joueur de «The Legend of Zelda ».

Et si malgré ses défauts, mais aussi pour ses qualités, vous souhaitez tout de même faire l’acquisition de ce jeu, sachez qu’il vous faudra une quinzaine d’heures pour terminer le mode Légende, le double pour récupérer tous les bonus des niveaux car il faudra les refaire plusieurs fois avec plusieurs personnages pour tout débloquer. Le mode aventure, le gros morceau du jeu, augmentera la durée de vie de façon significative pour peu que le joueur ait le courage d’aller jusqu’au bout. Selon les joueurs et surtout leurs attentes, ce jeu est soit un bon investissement sur le long terme, soit un pétard mouillé. Et pour les plus grands fans, sachez que des DLC, gratuits et payants, seront proposés pour rajouter du contenu : personnages, niveaux, armes (Epona pour Link entre autre), costumes et mode de jeu. De quoi rallonger un peu plus la durée de vie pour quinze euros tout de même.

Pour conclure, Hyrule Warriors est un jeu vraiment très difficile à noter. D’un côté, si l’on fait abstraction de son côté rébarbatif et de ses faiblesses graphiques, c’est un véritable plaisir que de dégommer des moblins et autres joyeusetés avec une épée, de retrouver des personnages emblématiques de la saga Zelda cuisiné à la sauce Dynasty, et de tenter de terminer ce jeu à 100% en dévoilant tous ses secrets. Mais si à l’inverse, le joueur n’a aucune envie de répéter régulièrement les mêmes actions, il serait de bon ton de lui conseiller de passer son chemin et d’attendre des jeux comme Bayonnetta 2 ou bien encore le prochain Zelda. Ce jeu est à la fois un bon Dynasty Warriors, mais également un Zelda moyen.

NOTES:

  • Scénario : 13/20
  • Gameplay : 12/20
  • Graphisme : 13/20
  • Bande-son : 18/20
  • Durée de vie : 19/20

NOTE Générale : 15/20

Les plus :

  •  Le mode aventure
  •  Les combats de boss
  • La gestion des personnages
  •  La modélisation des héros
  •  Un sentiment de toute
  • puissance
  • Durée de vie
  • Les musiques
  • Zelda apporte un plus non négligeable à la saga Dynasty

Les moins :

  •  Très vite répétitif
  • Environnements vides
  • L’intelligence artificielle
  • Très peu de personnages jouables
  •  Toujours pas de voix
  •  Pas de jeu en ligne

L’avis de Nadrak:

J’aurais aimé un peu plus de folie pour ce jeu. Quitte à apporter du bonheur aux amateurs de Zelda, pourquoi ne pas avoir poussé plus loin ? Pourquoi ne pas avoir inclus plus de personnages comme Hergo ou bien encore Nabooru, ou bien des personnages d’épisodes 2D (Vaati, Onox, Veran, Din, Farore, Nayru). Pourquoi pas des montures (même si Epona est prévu en DLC), plus d’armes pour certains? En contrepartie, le soft possède une durée de vie conséquente et les personnages, comme les attaques, sont très bien modélisés. J’aime beaucoup ce jeu malgré ses défauts, car il s’adresse à mon cœur, mon âme de fan. Mais je conçois également que beaucoup d’amoureux de « The Legend of Zelda » développeront un ulcère à chaque fois qu’ « Hyrule Warriors » sera mentionné. Mon dernier conseil pour ceux qui hésitent à investir dans ce jeu : essayer le si possible avant (ou à défaut un autre épisode de la saga Dynasty) pour vous faire votre propre opinion sur ce de jeu bien particulier.

« Dans l’immense forêt d’Hyrule… »

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