Test Catherine: L'art de l'absurde et de la réflexion

Publié le 14 mai 2012

Titre: Catherine

Éditeur: Deep Silver

Développeur: Atlus

Plateforme: Xbox 360 et PS3

Type: Réflexion/Aventure

Prix: 40€ neuf

Dans le genre jeu qui a fait le Buzz, Catherine aurait une place de choix. Les développeurs ont pas mal joué sur des photos pouvant provoquer l’émoustillement des adolescents les plus excités mais ce n’est pas tout! On a également beaucoup parlé de la difficulté de ce soft. Entre sexes, casse-tête et tromperies, Catherine va nous plonger dans un monde étrange … mais avec un certain charme.

On incarne Vincent, un trentenaire indécis qui joue sur deux tableaux : Katherine sa copine et Catherine sa maîtresse … le bien ou le mal. Dans le quartier où Vincent vit, il y a eu un nombre d’incidents plutôt étrange où des hommes meurent pendant leur sommeil. Ces hommes sont retrouvés avec une expression d’angoisse sur leur visage. J’ai dit homme pour une bonne raison. Ce sont exclusivement et étrangement des hommes qui meurent pendant leur sommeil.

Selon la rumeur locale et les médias locaux, si une personne rêve qu’elle tombe elle doit se réveiller rapidement, auquel cas cette personne sera incapable de se réveiller et mourra. Vincent Brooks a le profil type du mec bien mais qui n’a pas envie de s’engager. Seulement voilà 5 ans qu’il est en couple avec Katherine Mcbride, qui elle, aimerait plus avec Vincent.

Un soir entre potes dans un bar et tout va basculer. Un peu d’alcool, des blagues entre amis, de la fatigue. Voilà que ses amis partent du bar. Vincent lui reste un peu, pour se poser et réfléchir ce qu’il doit faire avec Katherine. C’est à ce moment là qu’apparaît Catherine, une blonde charismatique stéréotypé qui est tout à fait dans le genre de Vincent (un que l’on peut retrouver dans de nombreux mangas). Cette Catherine se retrouve à la même table que Vincent et ils commencent à parler … pour finir dans le même lit toute la nuit. À partir de ce moment là, Vincent commence à avoir des cauchemars chaque nuit. Ces cauchemars le plonge dans un monde totalement barré où lui et d’autres hommes, apparaissant sous la forme de moutons, devant échapper au vide. Si ces hommes meurent pendant ce rêve, alors ils meurent également en vrai. Vincent va devoir lutter et faire un choix: Katherine ou Catherine?

Le jeu dispose de plusieurs fins, ce sera à vous de faire des choix selon certaines réponses à certaines questions, certains actes etc.

Personnellement j’ai trouvé le scénario vraiment très bon. C’est bien la première fois qu’on est plongé dans un scénario mature, dans de vrais problèmes de couple, de société. Catherine se concentre sur le passage à l’âge adulte et le fait d’assumer ses responsabilités. Le scénario est somme tout assez tiré par les cheveux mais on accroche à fond du début à la fin. C’est une ambiance parfois glauque, parfois drôle, parfois réaliste. En gros, du beau travail de la part des développeurs.

Le scénario étant l’un des atouts du jeu, je vais maintenant parler d’un autre grand atout: le gameplay. Le jeu comporte deux phases bien distinctes. Les phases de réflexion en mode mouton et les phases dans le bar. Ces phases on fait une belle réputation au soft. En effet, Catherine estconnu comme l’un des jeux les plus difficiles depuis très longtemps (Dark Souls à côté étant du pipi de chat selon pas mal de personnes) Comme expliqué plus haut, on commence avec Vincent dans un bar où il est entouré de trois amis. C’est une phase de jeu en journée et en soirée (entrecoupée de cinématique plus ou moins embarrassante pour Vincent). Vous parlez avec vos amis de vos tracas sentimentaux, eux aussi en parle. On peut boire une certaine quantité d’alcool (ce qui aura une répercussion sur l’autre phase du jeu), on peut se lever, parler au barman, à la serveuse, aux clients récurrents qui se posent également des questions sur leur vie sentimentale la plupart du temps, allez aux toilettes etc.

Toutes ces choses sont importantes. Si on ne parle pas aux gens dans le bar, alors le risque est de ne plus les voir peu de temps après … la dépression est fort dans l’entourage de Vincent. Vincent a également la possibilité de répondre aux SMS de Catherine et Katherine (ce qui influencera la balance entre le bien et le mal suivant les réponses données). C’est une phase de jeu plutôt posé où la morale, les questions, les sentiments prennent le pas. C’est aussi là que le scénario prend une grande place.

En allant se coucher, Vincent est alors plongé dans un cauchemar récurrent où il se voit pousser des cornes sur la tête et où il côtoie des moutons subissant le même sort que lui. On devra gravir des étages de blocs sans tomber … Les règles sont simples: tirer et pousser les blocs afin de monter vers le sommet le plus vite possible, en sachant que le bas du mur s’effrite et tombe. Il va alors falloir pas mal de chance, de logique et de nerfs.

La mort arrive rapidement. Pour pallier la mort, des oreillers se trouve sur certains blocs. Ces oreillers sont en fait des vies, un oreiller étant égal à une vie … mais il faut faire vraiment attention car la difficulté est juste gigantesque. Arrivé à 0 oreiller c’est le game over complet et « Try again ». On recommencera souvent certains niveaux pour le faire finalement à la perfection…dans la limite des vies que l’on possède. Chaque oreiller vaut de l’or, vraiment.

Bien entendu, s’il fallait seulement tirer et pousser les blocs, ce seraitplus simple … parce que les blocs ont certains aspects. En plus de ceux de base, il y a: – le friable: deux pas dessus et cracs, plus de blocs. – le glacé: un pas dessus et on glissera plus vite que notre ombre…pour finir dans le néant absolu – le dynamité: un pas et boom à retardement. Le résultat n’est pas beau à voir, une bonne partie des blocs alentour sont transformés en bloc friable – le piquant à sauce samouraï: blocs à pics, un pas dessus et les pics ressortent. Il faut alors faire en sorte d’éviter de se prendre les pics sinon Vincent tombera dans les profondeurs insondables de l’oubli, de l’enfer … et surtout de la mort – l’aléatoire: un paquet cadeau, on ne sait pas ce qu’il donnera. Du bon et du mauvais, il faut toujours être à l’affut – le bronze: lourd et donc long à bouger – le grand bronze: très lourd, impossible à bouger J’en ai sans doute oublié mais il y a déjà ici un beau panel de blocs, et mélangés ça fait du grabuge, du grand grabuge.

Le but est d’arriver au sommet, pour gravir un étage vers la liberté. Pour ce faire, pendant les phases d’ascension, les développeurs ontrajouté quelques trucs pour aider, ou pas. En plus des oreillers, il y a des checkpoints de sauvegarde (histoire dene pas recommencer au début à chaque mort), des bonus blocs pour les user dans certains endroits difficiles, des bonus sauts permettant de sauter une hauteur de 2 blocs au lieu d’un seul etc.N’oubliez pas de boire pas mal d’alcool dans le bar, Vincent sera bien plus rapide dans les cauchemars, dans ses déplacements.

On affrontera également des moutons … et des hypers moutons totalement crackés qui vous tueront en un coup. Il faudra user de stratège et de malice pour en éviter un maximum. Après avoir passé un étage (ce qui se révèle être déjà du bon boulot tant certains étages sont difficiles) on se retrouvera dans des sortes de paliers permettant de sauvegarder et de papoter avec d’autres moutons, histoire de transmettre des techniques pour grimper les blocs etc. Pour arriver à l’étage suivant, on devra passer par un genrede confessionnal, passage obligatoire servant d’ascenseur vers l’étage supérieur. Dans ce confessionnal Vincent répondra à une question, mettant en cause le bien et le mal, Katherine et Catherine. Les réponses influeront sur la balance. Une fois une réponse donnée, le héros du soft sera transporté vers l’étage supérieur. Pendant le temps de chargement, les développeurs ont pensé à intégrer un camembert regroupant les réponses des hommes concernant la question précédemment posée dans le confessionnal. C’est plutôt bien fichu. À chaque fin de nuit … un Boss cruel sous forme de bébé, de sorcière, de Katherine etc. fera face à Vincent. En plus de réfléchir au placement des blocs, on devrait faire attention aux assauts incessants du boss. Une fois le boss vaincu, Vincent se réveillera … et s’ensuivra une journée pleine d’émotion !

J’ai parlé en long et en large du scénario, du gameplay. Il serait temps de passer à la suite vous ne croyez pas?

Graphiquement c’est du manga pur et dur niveau traits du visage, dessins etc. C’est vraiment très beau, tant dans les périodes bars que dans les périodes moutons qui se révèlent vraiment barrées. L’ambiance du soft est superbement retranscrite dans les graphismes. Ce n’est pas du grand art mais c’est très charmant. Les personnages sont très charismatiques ce qui est forcément un plus.

En gros un super-propre mais aussi super malsain dépendamment des phases de jeu. Univers cohérent mais aussi malsain.

Niveau bande son c’est encore du très bon. Le jeu est en VOSTFR, les doublages sont bons, ce qui se révèle proportionnel aux musiques. La journée c’est plutôt cool, cosy, et une fois arrivé les cauchemars on peut dire bonjour aux musiques malsaines et tout ce qui s’ensuit. Du bon travail de la part des développeurs ! Le jeu est très difficile et alors pourvu d’une très bonne durée de vie. J’ai mis environ 20 heures pour faire le tour du mode solo, en sachant qu’il existe plusieurs fins (qui vous feront jeter vos manettes si vous être de vrais mauvais joueurs). À côté de ça il y a le Golden Show qui vous permettra de réaliser des puzzles inédits, en solo ou en coopération.

NOTES:

  • Graphismes: 16/20
  • Gameplay: 15/20
  • Bande son: 17/20
  • Scénario: 18/20
  • Durée de vie: 17/20
  • NOTE GENERALE: 18/20

Les plus:

  • concept original
  • scénario mutépique
  • une VOSTFR bien traité
  • univers mature
  • difficulté ouh yeah

Les moins:

  • on s’énerve facilement à cause de la difficulté
  • on s’énerve facilement à cause de certaines musiques (à force :])
  • pourquoi pas de VF?

Conclusion:

« L’homme vit, l’homme chute. Il n’y a pas de raccourci possible menant au salut, autres que celui-ci »