Test Bravely Default, une nouvelle référence du RPG

Publié le 2 juin 2014

Test Bravely Default, une nouvelle référence du RPG

Titre : Bravely Default, le Final Fantasy de la 3DS Éditeur : Square Enix Développeur : Silicon Studio Genre : J-RPG Support : 3DS Prix : env.40€

Bravely Default Where the Fairy Files a beaucoup fait parler de lui et a su attirer la curiosité des amateurs de J-RPG. Ayant déjà conquis le territoire nippon dans une première mouture nommée simplement Bravely Default, le soft arrive sur le vieux continent dans une version améliorée. Le jeu parvient-il à être à la hauteur de nos espérances, est-il ce cristal si éblouissant que l’on nous promet ? Prenons de suite la direction de Luxendarc, un monde dont la frontière entre le bien et le mal est plus floue qu’il n’y paraît.

Bravely Default, mais pourquoi choisir un tel nom pour un jeu. Cela ne veut rien dire mais il ne faut en aucun cas s’arrêter au titre. Derrière ce charabia qui laisse le joueur dans l’inconnu se cache un bijou des plus réussis sur plusieurs points avec néanmoins quelques défauts qu’il convient de relever.

Une destinée, quatre héros, quatre objectifs

Test Bravely Default, une nouvelle référence du RPG

Le vaste monde de Luxendarc qui coule des jours heureux est divisé en différents continents plus ou moins étendus. Pour que tous les habitants puissent avoir la chance de vivre en paix entre eux, des personnes appelées vestale, veillent sur quatre cristaux qui ont également pour fonction de maintenir l’équilibre des forces élémentaires que sont l’eau, la terre, le vent et le feu. Le monde dans lequel on évolue est donc converti à ce que l’on nomme le cristallisme, sorte de religion prônant la paix et l’harmonie entre les êtres vivants. Cependant, cette paix rendue possible grâce une idéologie commune va vite partir en éclat, la faute à une entité maléfique dont on ne sait absolument rien. L’arrivée des ténèbres sur Luxendarc va se manifester par l’apparition d’un énorme gouffre au village de Norende et de l’extinction des cristaux, sources de lumière sur le monde. Les ténèbres ayant dévoré ces artefacts magiques.

De ces événements tragiques, quatre héros aux personnalités très différentes vont faire front pour ramener la lumière et rétablir l’ordre.

Test Bravely Default, une nouvelle référence du RPG

La première personne concernée se nomme Agnes Oblige gardienne du cristal du vent. Malgré la menace qui planait sur elle, elle est parvenu à survivre de l’apparition soudaine des ténèbres mais au prix d’un lourd sacrifice puisque les servantes qui l’accompagnaient ont fait bouclier pour la sauver. Afin de l’épauler pour réveiller les cristaux, Airy, une petite fée f

era aussi partie du voyage. Elle sera de plus rapidement rejointe par Tiz, un jeune berger qui a connu les mêmes souffrances que la vestale. Habitant au village de Norende, il n’a rien pu faire face à la destruction massive et improbable de son petit hameau et voit son petit frère mourir sous ses yeux.

Ensuite leur chemin croisera la route du play-boy et énigmatique Ringabel, un jeune homme n’ayant plus aucun souvenir de son passé mais qui connaît l’avenir via un étrange journal et Edea qui a une place un peu compliquée dans le groupe. Petit bout de femme à fort caractère, elle est la fille du grand maréchal d’éternia, l’autre menace pesant sur Agnès Oblige.

Car hormis le danger qui plane sur le monde, Agnès est également poursuivie par l’armée éternienne, le père d’édéa répandant dans tous les villages la voix de l’anticristallisme. Ce dernier considérant la religion actuelle comme mauvaise pour le peuple, il va tout mettre en œuvre pour mettre fin aux agissements de la Vestale. Pour cela il enverra au front ses meilleurs guerriers. La légion de la rose sanguinaire ou encore les lames noires, groupes d’experts dans leur job seront des obstacles de taille à franchir.

Classique me direz-vous et c’est le cas. On retrouve inévitablement les thématiques du bien et du mal et des clichés propre au genre mais au-delà de ce conformisme certain, on trouvera une écriture solide avec par moments de réelles réflexions quant aux certitudes de nos aventuriers et celles de l’ennemi. Qui a raison et qui a tort, faut-il suivre ses convictions même si elles vont à l’encontre de l’avis général. Voilà le genre de question qui sera abordée pendant votre périple. Derrière l’aspect enfantin, les clichés et l’humour du jeu, on décèle de ce fait un synopsis conventionnel avec une touche de sérieux.

Brave ou Default, il faut choisir

Bravely Default, tire son originalité de son gameplay pour le moins novateur. Jouant la carte du tour par tour, Silicon Studio a eu la brillante idée de modifier une mécanique de jeu déjà bien huilée pour rendre l’expérience de ce J-RPG unique en son genre. Ici tout réside dans le système Brave et Default. Cette formule choisie par les développeurs peut dans un premier temps nous faire penser que le soft a un niveau de difficulté plutôt faible. Que nenni. En effet lors des phases de combat, deux choix s’offrent à nous. Activer le mode Brave qui permet d’enchaîner lors d’un même tour quatre attaques dès le début d’un affrontement ou bien enclencher le mode Default qui n’est ni plus ni moins qu’une défense permettant d’obtenir des crédits d’action.

Test Bravely Default, une nouvelle référence du RPGVous l’aurez compris, avec quatre personnages, on peut se retrouver à balancer pas moins de 16 coups lors d’un même tour. Mais attention, ce ne sera pas sans conséquence puisque cela vous rendra totalement vulnérable aux attaques ennemies pendant les quatre prochains tours. Il faudra donc bien réfléchir avant de prendre un tel risque. Que ce soit contre des boss ou des ennemis de base, la réflexion fait partie intégrante du jeu. D’ailleurs les premiers duels ont de quoi surprendre car on ne s’attend vraiment pas à ce que les monstres lambdas possèdent déjà une force de frappe aussi importante. Cette force est cependant justifiée et permet d’équilibrer les rixes car on tire indéniablement un avantage avec le mode Brave qui pourra par moments décimer tout un groupe de monstres en un seul et unique tour.

Bien évidemment lorsque l’on rencontre des monstres relativement puissants voire des boss, on peut toujours allez piocher dans notre sac des potions ou tout autre objet utile lors d’un combat. S’achetant dans des boutiques ils peuvent par ailleurs être récupérés gratuitement via un mini-jeu très bien pensé qui se déroule en parallèle de notre aventure. Celui-ci nous propose de reconstruire pierre par pierre le village de Norende ou vivait Tiz avant l’apparition du gouffre. Pour faire renaître Norende il faudra recruter des habitants via la fonction StreetPass de votre 3DS. Ainsi vous verrez s’affairer tous ces petits villageois à remettre sur pied tout un tas de boutiques. Il est conseillé de faire régulièrement la mise à jour StreetPass car certains bâtiments sont extrêmement longs à reconstruire.

Test Bravely Default, une nouvelle référence du RPG

Genre oblige , on a à disposition l’inévitable système de es appelées ici job. Avec pas moins de 24 jobs à disposition (chevalier, moine, invocateur…) on n’a que l’embarras du choix. Ces dernières sont plus ou moins simples à récupérer mais pour tous les avoir il faudra faire les chapitres annexes. Une fois notre éventail de e complété on aura la possibilité de combiner des es complémentaires entre elles pour créer une équipe dévastatrice par le biais des compétences et coups spéciaux de chacun. Puisque l’on parle des compétences, celles-ci

varient en fonction de l’arme avec laquelle vous êtes équipé et de votre niveau. Plus il est élevé et plus il y aura des compétences disponibles. Quant aux coups spéciaux, ils peuvent être personnalisés en ajoutant des effets (poison, paralysie…) ou encore en upgradant la puissance des coups via un onglet particulier dans le menu.

La personnalisation étant une autre facette du gameplay, il est même possible de régler des options de jeu comme la difficulté ainsi que la fréquence d’apparition des monstres. C’est une petite révolution pour le genre qui peut être perçu comme un système de triche. Néanmoins le confort de jeu s’en voit grandement amélioré. Vous en doutez toujours ? Posez-vous cette simple question. Êtes-vous déjà mort sur le chemin du retour d’un donjon en voulant soigner votre équipe ? Oui ? Et c’était vraiment frustrant sûrement. Avec ce réglage cette mésaventure ne vous arrivera tout simplement plus. Pour cela, il suffit de positionner la fréquence d’apparition des monstres sur zéro et le tour et joué. Une autre option s’offre à vous en cas de difficulté lors d’un combat, Bravely Second. Ce mode permet de figer vos adversaires l’espace d’un instant. Seulement voilà, pour pouvoir activer le pouvoir en question, il faut accumuler des points de sommeil (PS) et lorsque ces points tombent à zéro, il faut en racheter via une connexion internet. Non vous ne rêvez pas, il y bien des micro-transactions. Néanmoins Bravely Second n’est pas obligatoire, le niveau de difficulté étant réglable à n’importe quel moment.

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures

À peine à ton commencer à jouer au titre qu’on se rend immédiatement compte que Sillicon Studio s’est inspiré de grand nom du RPG. Ainsi ce sont des titres comme Dragon Quest , Tales of Symphonia et Final Fantasy qui vous viendront à l’esprit. Jouabilité et level design jouent clairement avec les codes du jeu vidéo. De nos jours, le joueur a l’habitude de voir des cinématiques à couper le souffle sous forme d’animé (Professeur Layton, Fire Emblem…) ou faisant la part belle au réalisme (The Last of US, Tomb Raider…). Sachez que le soft n’utilise aucun de ces procédés. Et pourtant on a affaire à une véritable perle. Bravely Default est à n’en point douter l’une des créations artistiques les plus originales de l’année 2013 comme peut l’être un Bioshock Infinite.

Test Bravely Default, une nouvelle référence du RPGLe monde de Luxendarc risque d’en éblouir plus d’un de par ses environnements aussi variés que détaillés. Chaque ville visitée est un régal pour les yeux et a un cachet qui lui est propre. On succombera rapidement face à la beauté de lieu comme Caldisia la cité forteresse façon Minas Tirith ou encore Ancheim, royaume industriel dont l’énergie provient de ses nombreux moulins à vent. La sensation d’évoluer dans des toiles de maîtres se propage alors en nous et procure un sentiment d’émerveillement constant. Côté donjon, on est plus dans la redite avec des environnements se ressemblant et nettement moins détaillés. Ils ne vous poseront d’autre part aucun problème tant la progression est linéaire avec quelques leviers à activer pour ouvrir des portes mais rien de bien méchant. L’essentiel de la difficulté tournant autour des combats, il ne faut pas s’attendre à retrouver là, un Zelda like. Concernant la 3D cette dernière n’est pas des plus flamboyantes, on peut facilement sans passer. Mention spéciale aux invocations dont la réalisation est vraiment épatante.

Comme expliqué ci-dessus, Bravely Default aura une saveur toute particulière pour les joueurs les plus anciens qui trouveront ici et là, des références à certaines licences mondialement connues. L’évolution sur la carte par exemple se fait à la manière d’un Dragon Quest. Le chara-design des personnages rappellera à certains Tales of Symphonia avec cet aspect enfantin et innocent. Le bestiaire n’est pas en reste non plus avec des dragons, des orcs, des golems…

Pour sublimer ces décors, REVO nous a concocté une bande-son à couper le souffle. On a envie que d’une seule chose, c’est foncer écouter l’OST une fois la console éteinte. Les musiques collant parfaitement avec ce qui se déroule à l’écran elles permettent de rendre chaque situation plus vivante que jamais. Entre les batailles épiques, les moments de tristesse, de joie et ceux plus intimistes on est captivé par ces mélodies aux notes aussi pures que du cristal.

Test Bravely Default, une nouvelle référence du RPG

Pour finir, sachez que voir la fin du jeu vous demandera moult efforts. Avec ces huit chapitres, Bravely Default brise une nouvelle fois les standards du genre. Là où la plupart des RPG proposent une durée de vie déjà consistante (environ 30h), le soft va dans la surenchère avec pas moins de 50 heures de jeu. C’est peut-être beauco

up trop pour certains joueurs qui, avec les normes actuelles, ont l’habitude de terminer un titre en moins d’heures mais au moins, on n’en a pour notre argent. L’argument est néanmoins à nuancer, la seconde partie du jeu étant d’une extrême redondance, il peut vous prendre l’envie de complètement lâcher le jeu.

NOTES : Scénario : 17/20 Gameplay : 18/20 Graphisme : 19/20 Bande-son :18/20 Durée de vie : 19/20 NOTE GENERALE : 18/20 Les Plus : – Le système de combat mélangeant habillement ique et nouveauté -Une direction artistique somptueuse – Une OST magnifique signée REVO Les Moins : – La seconde partie du jeu qui peut décourager même les joueurs les plus aguerris -Les micro-transactions pour récupérer des Points de Sommeils (PS) – Les donjons visuellement moins réussis que les villages L’avis de Linky : Avec ce J-RPG unique en son genre, Square Enix tient à n’en point douter le nouveau Final Fantasy version 3DS. De par son gameplay mêlant le conventionnel et l’innovation et de sa réalisation aussi surprenante que rafraîchissante dans le milieu du jeu vidéo, Bravely Default nous prouve que la réussite d’un jeu peut se trouver là où on ne l’attent pas forcément… en jouant la carte du old school avec brio. On savoure donc le soft comme les bons gâteaux de notre grand-mère, c’est-à -dire sans modération.

Test Bravely Default, une nouvelle référence du RPG

« La lueur des cristaux est mère de toute chose… de la vie elle-même »