Test The Last of Us, une aventure qui marquera beaucoup de joueurs

Publié le 26 juin 2013

Titre: The Last of Us

Editeur: Sony

Développeur: Naughty Dogs

Genre: Survival-horror / Action

Plateforme: PS3

Prix: 50€ neuf

Après trois volets Uncharted s’étant imposés comme une licence majeure sur le marché du jeu vidéo, Naughty Dogs s’est lancé un nouveau défi avec The Last of Us. Après quelques trailers et quelques vidéos de gameplay, on était tous bouche bée … mais on avait également tous la hantise de jouer à un Uncharted Like. Sortie le 14 juin 2013 en Europe, The Last of Us est-il vraiment un Uncharted Like ? Réponse maintenant.

Un soir de 2013, Joël fête son anniversaire en compagnie de sa fille, qui lui a offert par la même occasion une montre. Mais ce n’est pas un soir comme les autres. Un coup de fil, une explosion, un voisin qui devient fou … il s’avère que le monde commence à changer, et le changement : c’est maintenant. Pris de panique Joël, sa fille et son frère s’en vont en voiture pour s’éloigner de la folie, mais cette folie les rattrape aux quatre coins de la ville. Ils doivent s’échapper, fuir cette menace. Malheureusement ce n’est pas la seule menace, l’armée ayant pour ordre de tuer tout le monde. Et c’est un Joël impuissant qui doit faire face au décès de sa fille. Un décès qui va le meurtrir …

Le jeu se passe en 2033, Joël a une quarantaine d’année et réalise du trafic sur le marché noir. Les causes de la folie sont maintenant connues, la pandémie est dû à un champignon, nommé Cordyceps rendant les hommes fous puis devenant au fur et à mesure de véritables champignons appelés claqueurs ou titans mangeurs d’hommes (on en parlera plus tard).

Joël doit récupérer des armes qui lui appartenaient … Dans sa quête d’arme, Joël va tomber sur Marlène. Marlène est la chef des lucioles, un groupe de miliciens qui s’opposent au régime militaire imposé par les forces armées. Et ce sont ces lucioles qui détiennent les armes. De ce fait un deal est évoqué : Si Joël aide les lucioles à sortir une marchandise de la ville, alors les lucioles donneront les armes. Mais cette marchandise n’est pas un objet, une chose … non, c’est une fille. Une jeune adolescente de 14 ans répondant au nom d’Ellie, orpheline n’ayant jamais connu le monde tel qui l’était avant la pandémie. Pourquoi Joël prendrait le risque de la sortir de la ville … pourquoi Marlene donnerait toutes ses armes pour une jeune adolescente ? La réponse est aussi simple que folle : Ellie est la solution. La solution à tous les problèmes … Ellie est immunisée. Il faut donc l’escorter vers un laboratoire des Lucioles pour pouvoir chercher un vaccin contre l’infection qui mine la planète. Alors que la nature reprend ses droits sur l’humanité, Joël a entre les mains la possibilité de changer la donne.

Le scénario n’est pas en original en soi, mais la direction de Naughty Dogs l’est totalement. Il n’est pas question de se concentrer sur l’aspect politique et biologique. On ne raconte pas l’histoire d’infectés face à une infection mais bien l’histoire d’humains, à l’instar de l’excellent The Walking Dead de Telltale Games. Ces humains on va s’y attacher, que ce soit Joël, Ellie mais aussi des personnages plus secondaires fort en charisme.

Joël et Ellie forment une paire forte et remplis d’émotion. Intéressons-nous tout d’abord à Joël. Après la mort de sa fille il essaye de faire abstraction des sentiments, son seul intérêt étant la survie. Le marché de l’armement se révèle être alors une source de motivation pour Joël. La rencontre avec Ellie va changer ses objectifs et sa vision des choses, celle-ci étant une source d’espoir alors il prendra tous les risques qu’il faut prendre pour la sauver d’un danger. La relation entre Ellie et Joël change de saison en saison et cette relation se révèle être la base de tout. Rigolade sur un bouquin porno gay, dispute, dialogue passionné, larmes, joie, espoir, ce sont des choses que l’on retrouve dans cette relation … une relation de plus en plus forte et intimiste, qui pose les bases d’une morale que je vous laisse le soin de découvrir. En tout cas une chose est sûre, la narration de Last of Us nous impose une perfection absolue. Là où le synopsis peut paraître ique, la façon dont Naughty Dogs l’a traité rend le tout excellent. The Last of Us raconte une histoire mature, juste et fine comme peu de jeu l’on fait à ce jour.

L’ambiance rend le jeu encore plus fort. On traverse les États-Unis dans divers environnements et diverses saisons. Été, automne, hiver, printemps, les 4 saisons nous ferons profiter de changements climatiques et de décors, en passant d’un village enneigé à une université pleine de claqueurs, ou encore d’une ville contrôlée par la milice à un quartier d’apparence idyllique à la Desperate Housewive.

Nous allons voyager et voir beaucoup de choses, passant de la lumière à l’ombre. En parlant de lumière comment ne pas parler des effets de lumière et effets de particules ? Naughty Dogs a peaufiné son bébé comme peu de développeurs le font. On constate cet état de fait dès le début du jeu, les textures, les lumières, le réalisme des personnages – que ce soit la modélisation mais aussi leurs façons de bouger, de parler, de vivre – les environnements, l’horizon.

Nous resterons quelquefois face à un environnement, en plein rêve éveillé devant des paysages et un horizon remarquable … Il vous faudra profiter car nous sommes dans un survival-horror, la beauté peut vite se transformer en angoisse quand l’on arrive dans un égout ou dans un sous-sol alors que l’on doit faire face à une horde de claqueurs en pleine furie.

C’est de façon certaine que j’affirme que The Last of Us est une réussite artistique, peu de jeu peuvent se vanter d’être aussi beau tout en ernant les couleurs et les décors. Malgré tout, le moteur utilisé paraît un peu trop puissant pour la PS3, les chutes de framerates n’étant pas rares.

La prise en main est simple, Naughty Dogs a su mélanger les recettes du TPS à la Uncharted et les ingrédients du survival-horror.

Notre but étant de survivre, Naughty Dogs a concocté un système de craft histoire de fortifier le réalisme. Joël va pouvoir récupérer pas mal de chose sur sa route, dont des chiffons, du scotch ou encore du métal histoire de confectionner des trousses de soins, des surins, des cocktails molotov et autres armes de fortune. Les objets n’étant pas en quantité illimitée il faudra faire des choix, certains matériaux pouvant être utiles à créer plusieurs objets.

On pourra aussi améliorer les armes grâce à des pièces (symbole d’écrou) via des ateliers que l’on trouvera ici et là. Il sera important de les améliorer (recharges, capacité etc. …) si vous souhaitez survivre. Il est également possible d’améliorer les capacités de Joël. En récoltant des suppléments sous forme de pilule, il vous sera possible d’améliorer la barre de vie, la stabilité des armes ou encore le temps de confection des objets. Les améliorations sont nombreuses et importantes pour réussir à parcourir le jeu sans trop de difficultés.

Les différents systèmes d’améliorations et de crafts sont très bien pensés et sont de vrais apports dans le gameplay. On y prend goût et le craft ne devient pas une tâche ralentissant le rythme du jeu. Naughty Dogs a réussi à rendre ces améliorations réalistes.

Pour affronter vos ennemis il y a plusieurs approches : l’infiltration ou l’attaque de front. Chaque stratégie a ses avantages et inconvénients mais il faut savoir que les munitions sont rares et que les ennemis sont nombreux … l’infiltration paraît de ce fait être la stratégie la plus appropriée.

Nous allons tout d’abord parler des ennemis non infectés, milices ou armées.

La plupart du temps il faudra s’accroupir et faire pression sur la touche R2 pour découvrir l’emplacement des ennemis, ceci permettra d’élaborer une stratégie. Pour mener à bien les séquences d’infiltrations, nous pouvons lancer des briques ou encore des bouteilles pour assommer l’ennemi ou simplement pour faire diversion. Restez accroupis sera important pour que l’ennemi ne vous entende pas. Pour tuer votre proie tout en restant discret, Joël arrive derrière l’ennemi et l’attrape, lors de cette action le jeu nous propose deux choix : Étrangler ou mettre un coup de surin. Étrangler étant plus bruyant que le coup de surin, il faudra être réfléchi sur l’action que vous allez accomplir … un bruit de trop et votre vie ne tiendra plus qu’à un fil.

Bien entendu il ne faudra pas rester à découvert, on trouve beaucoup de murs, murets, meubles ou autres objets nous permettant de nous cacher, de nous mettre à couvert. Ces éléments des décors nous permettront de contourner les ennemis pour finir par les prendre par surprise. Pour le coup le système est simple et bien réalisé mais cela n’a rien de surprenant, la licence Uncharted usant presque du même système.

Si vous préférez tenter le diable en attaquant de front, il faudra être précis et ne pas avoir peur de la mort. Le jeu se voulant réaliste, il suffira de quelques balles pour que Joël décède dans d’horribles souffrances. C’est là qu’il faut bien choisir ses armes, un fusil à pompe sera beaucoup plus utile en combat rapproché qu’un fusil, qui lui est plus utile en combat éloigné. Les armes ont tous des caractéristiques différentes, d’ailleurs il est possible de rester discret tout en attaquant à longue portée grâce à un arc que Joël manie avec habileté.

L’attaque de front attire tous les ennemis aux alentours, certains n’hésitant pas à vous attaquer au corps-à-corps, pour se défendre Joël aura le choix entre ses poings ou des armes de fortune que l’on trouvera sur notre route (batte, hache, pied de biche etc. …), ces combats sont d’ailleurs très violent, pour notre plus grand bonheur.

L’IA des humains fait un peu parler d’elle, beaucoup de joueurs trouvant ces ennemis un tantinet débile et c’est clair que parfois l’IA l’est vraiment.

Il ne faut pas oublier que The Last of Us est un survival horror, les phases d’action avec les infectés nous le rappellent très vite … l’ambiance est lourde, les ennemis sont féroces et le stress est important. Il existe différents types d’infectés. Tout d’abord il y a sobrement « les infectés », des hommes et femmes transformés depuis quelque temps mais pas assez de temps pour que leur physique soit transformé, en d’autres termes ils ne sont pas infectés depuis assez longtemps pour être des claqueurs. Les claqueurs ressemblent à des hommes mangeurs d’hommes avec des têtes de champignons, ils sont aveugles mais possèdent une ouïe exceptionnelle, ils ont également la particularité d’être très tenace … Un claqueur tue du premier coup, il faudra être stratégique pour ne pas faire de cette chose votre pire ennemi.

Le bestiaire est aussi composé de « Titans », c’est la dernière étape de l’infection : l’homme est devenu un énorme champignon mangeur d’hommes, ils sont rares et robustes. S’attaquer à un infecté se révèle plus stressant que de s’attaquer à un humain, les réactions sont très différentes. Déjà l’approche est différente, face à un humain on essaye de ne pas rentrer dans le champ de vision de l’ennemi alors que face à un infecté on essaye de faire le moins de bruis possible.

Si l’infecté vous repère alors une horde s’éveille pour se ruer sur vous, et ces hordes sont souvent très féroces. Il sera souvent difficile de s’en sortir face aux vagues d’infectés, de claqueurs et de titans, c’est pourquoi jouer la carte de l’infiltration sera là aussi de bon augure.

On avait tous un peu peur qu’Ellie soit un vrai poids dans ces phases d’action, finalement et à l’instar d’Elisabeth dans Bioshock Infinite, Ellie nous est d’une grande aide, c’est un vrai soutien, un plus presque essentiel pour avancer. Joël a pour but de protéger Ellie… mais Ellie protège aussi Joël.

The Last of Us c’est une aventure avec deux personnes et le gameplay a été pensé pour. Il faudra toujours avancer à deux, du coup les obstacles seront toujours à passer à deux. Un petit exemple, Ellie ne sait pas nager. Pour la faire avancer dans les eaux troubles, Joël devra trouver des astuces pour passer l’obstacle sans qu’elle prenne l’eau. À noter qu’en plus de nager, on aura également la joie de chevaucher !

Ces phases de recherche et de plateformes sont très bien réalisées et permettent d’en apprendre plus sur les personnages, de parler de choses et d’autres ou encore de s’émerveiller devant un paysage. Le gameplay est riche même si la touche R2 sera souvent enfoncée pour avancer en toute tranquillité. Seul l’IA faiblarde peut être reprochée.

L’alternance de gameplay et d’environnement fait que l’on ne s’ennuie jamais, l’ambiance et la relation Ellie / Joël rend le tout encore meilleur.

Un survival-horror digne de ce nom doit proposer une bande-son de haut vol, et c’est le cas avec The Last of Us. Outre les doublages français vraiment excellents (pour une fois), les musiques s’adaptent parfaitement à ce qu’il se passe à l’écran, chaque musique, chaque bruit, chaque son … tout est superbement réalisé. Les musiques sont marquantes et resteront gravées dans l’esprit de beaucoup de joueurs.

Pour finir le jeu il faudra compter sur une quinzaine d’heures. Comptez beaucoup plus si vous souhaiter tout découvrir (dont les nombreux easter egg). Il est possible de refaire le jeu en difficulté plus élevée ou dans le mode new game +, et pour vous rendre encore plus baba, The Last of Us dispose d’un mode online fort addictif !

NOTES :

  • Graphismes : 19/20
  • Gameplay : 18/20
  • Scénario : 20/20
  • Bande son : 20/20
  • Durée de vie : 17/20

NOTE GENERALE : 20/20

Les plus :

  • la relation Ellie / Joël –
  • Ambiance mature qui en marquera plus d’un –
  • Des décors hallucinants –
  • Techniquement ce qu’on peut faire de mieux –
  • Une bande-son exceptionnelle

Les moins :

  • Quelques baisses de framerate
  • Une IA parfois débile

Avis de Clyde :

Si certains doutaient encore que le jeu vidéo soit une forme d’art, The Last of Us vient de nous donner la réponse. Le jeu nous fait vivre une aventure forte en émotion, qui marquera le joueur pour longtemps. C’est le genre de jeu qu’on ne voit que tous les 5 à 10 ans, le genre de jeu qui marquera une génération de joueurs. The Last of Us est la pépite de cette génération de consoles. Une pépite que l’on aimerait découvrir et re découvrir pendant longtemps.

La relation Ellie / Joël est d’une certaine façon assez proche de celle de Lee et Clementine (dans TWD), mais nous sommes face à une relation beaucoup plus mature, plus adulte. Naughty Dogs a réussi à créer le jeu parfait. Nous avions peur de jouer à un Uncharted Like et finalement The Last of Us vient de créer son propre genre. Vous l’aurez compris, comme beaucoup de personnes j’ai été, je suis et je serai conquis. Conquis par cette aventure unique qu’aura su me faire vivre The last of Us.

« Tu trouves toujours une raison de te battre »