Test Space Hulk : Deathwing

Publié le 7 novembre 2017

Au 41ème millénaire, Space Hulk : Deathwing vous place à la tête d’une escouade de Space Marines lancé dans une lutte désespérée contre les Genestealers, de redoutables guerriers aliens issue de la race Tyrannide, dans l’intérieur labyrinthique et oppressant d’un Space Hulk, un titanesque amas de vaisseaux  de style gothique abandonnés. Arriverez-vous à mettre la main sur d’anciennes reliques sacrées dissimulées au cœur de cet enfer ?

Note : 4/10

« Dans les ténèbres d’un lointain futur, il n’y a que la Guerre. » Cette maxime fera frissonner les adeptes de l’univers de Warhammer 40 000, créé par Games Workshop il y a quelques décennies. Si la franchise a fait quelques apparitions réussies dans la sphère vidéoludique (Dawn of War premier du nom, notamment), les jeux dérivés du sombre 41ème millénaire ont parfois déçu. Avec Space Hulk : Deathwing, Streum On Studio et Focus Home Interactive s’attèlent à transposer dans l’univers du jeu vidéo l’un des jeux de plateau culte de l’univers de Games Workshop qu’était Space Hulk sorti en 1989 et ses deux extensions Deathwing et Genestealer sorties en 1990. Annoncé en grande pompe, le Kickstarter de Space Hulk : Deathwing mettait en avant une vidéo prometteuse aux graphismes spectaculaires, avec une action frénétique digne d’un Doom. Promesses de Space Marines tenues ?

Dans les ténèbres d’un lointain futur, personne ne vous entendra crier…

Space Hulk : Deathwing Test Screenshot

Profitant du système d’escouade cher au wargame dont il est issu, Space Hulk : Deathwing met en avant comme point fort une possibilité de jouer en coopération avec 3 amis pour nettoyer ce lugubre labyrinthe spatial. Chaque membre peut ainsi choisir un rôle particulier lui donnant accès à des armes et capacités bien particulières comme les soins, l’amour des gros calibres et le déchainement de pouvoirs psychiques qui ferait blêmir ce cher Harry Potter. A priori, avec ce postulat de départ et les promesses du trailer de sortie, on pouvait s’attendre à un titre bien armé pour tenir tête aux AAA dont il ne fait (malheureusement) pas partie. Les genestealers de toutes espèces sont assez flippants, arrivant de toutes parts et encerclant aisément le groupe de joueurs par de nombreux points d’apparition qui confrontent régulièrement votre escouade à des hordes aux yeux luminescents avide de se jeter sur vous. Les plus sensibles aux sursauts risquent de pousser de petits cris de sursaut sur les tchats audio et seront moqués, vous êtes prévenus ! Si l’univers de la franchise est fidèlement respecté pour le plus grand bonheur des fans, cela pose néanmoins quelques soucis lorsque le lore et le gameplay entrent en friction : le pas lourd d’un guerrier en armure Terminator impose vite un rythme beaucoup moins vif aux joueurs que promis durant la promotion du titre.

…Ou peut-être d’agacement !

Space Hulk : Deathwing Test Screenshot

Sortie trop tôt, Space Hulk : Deathwing proposait une première expérience assez frustrante où le joueur se confronte à de nombreux bugs, un gameplay saccadé et un soft qui manque clairement d’optimisation technique, au point de faire ramer les configurations les plus avancées pour un rendu graphique assez mitigé qui oscille entre dépassé et réussi selon les éléments. Si les animations de tirs sont visuellement réussies et assez jouissives, les décors manquent d’âme et semblent très ternes et répétitifs. L’absence de musique d’ambiance vient renforcer ce sentiment de vide que l’on ne tarde pas à ressentir. Si ce choix semble volontaire pour ne pas venir casser une atmosphère pesante, on questionne son efficacité. Ceci, ajouté à des objectifs de mission peu originaux, un contenu limité et une narration quasi absente en multijoueur, lasse vite le joueur. D’un genre proche de Left 4 Dead, Space Hulk : Deathwing ne devient quant à lui challengeant que lorsque les ennemis sont légion : munis d’un IA légèrement simpliste, les tyrannides se comportent de deux façons : ils se ruent sur vous ou reste à bonne distance pour tenter de vous tirer dessus. On s’habitue rapidement à ces comportements et les automatismes de nos adversaires deviennent rapidement flagrants.

S’aventurer seul dans les couloirs du Space Hulk

Space Hulk : Deathwing Test Screenshot

L’expérience en solo ne diffère que légèrement de l’expérience coopérative. Détail qui a son importance tout de même : seul, vous aurez le droit aux cinématiques dévoilant la trame narrative en lien avec les missions que vous avez à accomplir. Si les dits objectifs ne diffèrent pas d’un mode à l’autre, l’immersion en est quand même nettement renforcée en solo. Jouant seul, vous incarnerez le Librarian (sorcier psyker) à la tête de l’escouade de terminators. Afin de vous frayer un chemin parmi vos adversaires, vous aurez accès à une sélection d’ordres à donner à vos acolytes afin de progresser ensemble et tirer parti des spécificités de chaque classe. En difficulté normale, leur efficacité est décoiffante,

Space Hulk : Deathwing Test Screenshot

ne vous laissant parfois que peu d’ennemis à gérer vous-même. Au fur et à mesure que vous avancez dans les chapitres, vous obtenez des points de compétences à placer selon trois arbres : Commandement, Foi, et Psy. Chaque point dépensé vous permet de vous rapprocher de paliers donnant accès à de nouveaux bonus (résistance, nouvelles armes d’acolytes, absence de surchauffe…) et pouvoirs psychiques. En parallèle, la complétion des différents chapitres vous donnera accès à de nouvelles armes parmi lesquelles choisir pour massacrer du Tyrannide. Somme toute, si l’expérience multijoueur bénéficiait des atouts du mode solo en termes de narration et de ses petits aspects RPG, Space Hulk Deathwing ferait un grand pas en avant.  Patché à de nombreuses reprises, le titre s’est néanmoins bonifié

Space Hulk : Deathwing Test Screenshot

avec le temps et les développeurs semblent avoir été à l’écoute de la communauté des joueurs, globalement déçu par le titre à sa sortie. Les améliorations se sont surtout portées sur l’accompagnement du joueur entre les objectifs (un peu perdu du fait de la quasi-absence de narration en multi), la gestion de son équipement et de ses capacités. Côté technique, après une année de retouches, le jeu reste gourmand pour ce qu’il propose, et mérite encore quelques efforts pour obtenir la moyenne.

Manquant de nervosité, le titre ne tire finalement que peu parti de son côté angoissant assez réussi et de ses ennemis qui ne demandent qu’à vous faire sursauter. Fidèle à Warhammer 40 000, au point d’en oublier de se plier à certaines obligations de gameplay de ce type de titre, le jeu ne parvient pas à nous retenir et l’on repart vite vers de nouvelles aventures. Dommage pour Space Hulk : Deathwing, car on aurait aimé que son coup de bolter atteigne sa cible de plein fouet !

Les plus :

  • Fidèle à l’univers Warhammer 40 000 imaginé par Games Workshop.
  • Une coopération sympa entre amis.
  • Des animations de tirs jouissives.
  • Un récit immersif en mode solo.

Les moins :

  • Une qualité graphique inconstante.
  • Narration quasi-absente du mode multijoueur.
  • Décors répétitifs.
  • IA peu futée.
  • Mouvements lents et lourdauds.
  • Jeu gourmand techniquement.
  • Absence d’accompagnement musical.

SPACE HULK : DEATHWING

  • Sortie : 09 décembre 2016
  • Console(s) : PC, Playstation 4, Xbox One
  • Éditeur : Focus Home Interactive
  • Développeur : Streum On Studio, Cyanide
  • Genre : FPS
  • Mode : Solo, Multijoueurs (4)
  • Classification : Pegi 18.
  • Langue : FR/ENG
  • Tarif : environ 40€