Test Deadly Premonition: Quand montagne de défauts s'assimile à génie

Publié le 6 avril 2012

Test Deadly Premonition: Quand montagne de défauts s assimile à génie

Titre: Deadly Premonition

Développeur: Access Game

Éditeur: Marvelous Interactive

Type: Survival-Horror / Aventure

Plateforme: Xbox 360, PS3

Prix: 30€ neuf

Deadly Premonition, ou le jeu d’apparence pourrie par excellence. Et oui seulement d’apparence, vous verrez que malgré des graphismes même pas dignes d’une Playstation 2, un gameplay lourd, et une bande-son en demi-teinte, on est passé d’un jeu bourré de défauts à un jeu tout simplement exceptionnel grâce à un point: le scénario. Ce qui fait passer un jeu inventif à un jeu magique.

C’est avec une joie particulière que j’écris ce test, on tient là l’une des petites pépites de ces dernières années!

Que pouvait-on attendre de ce jeu à part une vraie daube? La pochette déjà, quelle horreur! C’est d’ailleurs la première image que l’on a du jeu, et elle n’est pas forcément positive. Et alors? Tous les développeurs n’ont pas le budget, et d’ailleurs pour un jeu vendu 30€ neuf on peut s’attendre au pire. Même si s’attendre au pire dans ce cas serait légitime, quel jeu! Je suis littéralement sous le charme. Comment les développeurs ont su faire d’un jeu, de l’art? Je vais tenter de vous l’expliquer.

On commence par les défauts, et qu’est-ce-qu’ils sont nombreux! Graphiquement déjà…et ben ça vole pas haut. Annoncé à l’E3 2007, Deadly Premonition n’a pas profité du temps pour s’embellir. Bon les graphismes font honte à la 360, et ne seraient même pas dignes d’une PS2, enfin j’exagère. Ce jeu est un anachronisme assumé dont la laideur maintenant légendaire est devenue un élément intégral de son charme ravageur.

Test Deadly Premonition: Quand montagne de défauts s assimile à génie

Les textures sont vraiment moches. Le jeu réussit l’exploit de nous offrir quantité de clipping et d’aliasing sur des surfaces plates, on peut saluer le talent du moteur graphique. Décors moches, qui souvent se ressemblent, on peut quand même être impressionné par le charme de la ville, qui même moche a du charme.

Les personnages sont plutôt pas mal modélisés. Le personnage principal « Francis York Morgan » est d’un charisme impressionnant. Quant au shérif, aux habitants etc…ils ont tous leurs charmes et leur caractère.

Malheureusement, on ne peut pas en dire autant des monstres qui sont vraiment laids, et qui de plus sont toujours les mêmes. Ces mêmes monstres vont me permettre de passer à la bande-son, car je voudrais parler des bruitages.

Alors les graphismes sont déjà laids mais si les bruitages le sont également, on est mal. Les ennemis poussent un cri totalement dégrisant. Le terme monstre convient mieux aux bruitages qu’aux ennemis. Des cris indescriptibles qui en stresseront plus d’un. Bien entendu il n’y a pas que les ennemis qui font des bruits bizarres. En effet les voitures font des bruits de camions, les tirs ressemblent à des pétards mouillés etc. Mais il y a quand même des choses positives.

Test Deadly Premonition: Quand montagne de défauts s assimile à génie

Tout d’abord les voix anglaises (et oui le jeu est en VOSTFR) constituent le charme des personnages, les caractérisant parfaitement. Ensuite bien que les musiques soient souvent les mêmes, elles nous mettent vraiment dans l’ambiance, et quelle ambiance! Bref vous passerez de musiques rigolotes à des musiques vraiment malsaines. Même si, comme je l’ai dit auparavant, les musiques sont en petite quantité, elles ont toutes du charme et un effet sur l’ambiance du jeu. Encore un petit défaut avant de finir, le mixage des bruitages n’est pas super bien réalisé, mais en fin de compte, on s’en fout!

Après avoir parlé des bandes sonores de qualité et des bruitages horribles, ainsi que des graphismes assez horribles, on va passer sur le gameplay. Alors je le dis tout de suite, vraiment lourd tel un residentevil 4, la jouabilité est réservée à un public averti. Même malgré ses lourdeurs assez évidentes, Deadly Premonition arrive à tirer son épingle du jeu, grâce à son inventivité.

Je commence par les choses négatives. Le système Resident evil 4 pour les phases de shoot se révèle hyper lourd on se fera donc souvent manger par les méchants ennemis si on n’a pas ce système bien en main. Ensuite l’IA ne pas dispose d’une intelligence surnaturelle, elle est d’ailleurs plutôt faible, malheureusement.

On se retrouvera donc à trouver tous les points faibles des ennemis pour les battre de la même manière pendant tout le jeu. Et d’ailleurs ces phases d’action ne sont pas vraiment passionnantes, le vrai atout du jeu se ne dispose pas d’une intelligence surnaturelle, elle est d’ailleurs plutôt faible, malheureusement. On se retrouvera donc à trouver tous les points faibles des ennemis pour les battre de la même manière pendant tout le jeu. Et d’ailleurs ces phases d’action ne sont pas vraiment passionnantes, le vrai atout du jeu se trouvant dans l’enquête. C’est un openWorld tel un GTA donc on pourra enquêter la journée, faire des découvertes surprenantes, participer à des courses, faire de la pêche, ou encore les missions secondaires. Les journées sont vraiment superbes, donnant un vrai charme à la ville est au jeu. C’est un sentiment très bizarre et à la fois très fort, le jeu est vraiment passionnant.

Comme tout Open World, on vit au jour le jour avec notre personnage. On le fera dormir quand il voudra dormir, on le fera manger quand il voudra manger. Il faudra lui acheter des vêtements où les emmener au pressing pour les laver (sinon des mouches ou des abeilles bizarroïdes tourneront autour de vous, comme vos vêtements se saliront). Vous pourrez également raser votre personnage, sa barbe poussant au fil de l’aventure si vous oubliez ce détail.

Test Deadly Premonition: Quand montagne de défauts s assimile à génie

Parlons voitures, vous aurez une voiture de police à disposition. D’ailleurs n’oubliez pas de faire le plein d’essence sous peine de tomber en panne. En parlant d’essence, elle s’écoule beaucoup trop vite, vous demandant de vous rendre à la station assez souvent. La conduite n’étant pas au top, et les trajets étant super long, cela va pouvoir en frustrer plus d’un.

Autre point sympa de ce jeu, le temps se passe en temps réel. Les heures s’écoulent comme des vraies heures, minute par minute. Si vous ne voulez pas faire dormir votre personnage entre les missions pour écouler le temps, alors vous aurez la possibilité de faire des missions secondaires, plus riches les unes que les autres. Je parlais de faire dormir votre personnage entre les missions, car certaines missions ont des horaires. Vous n’aurez accès à certaines missions qu’entre 12h et 16h par exemple.

Test Deadly Premonition: Quand montagne de défauts s assimile à génie

Je parlais des phases d’action tout à l’heure, j’ai oublié de préciser quelque chose d’important. Nous incarnons Francis York Morgan, agent du FBI spécialisé dans le profilage. Durant les scènes d’action, nous devrons chercher des preuves qui nous permettrons d’imaginer ce qui s’est réellement passé. Un point important dans ce gameplay

Pour finir je voudrais parler de l’inventaire et de la carte. L’inventaire est vraiment très riche, bien que n’ayant pas peu de place à mon goût. Vous stockerez vos armes, munitions, aliments, cigarettes (car Francis York Morgan fume beaucoup), trousse de soin etc. Malgré le peu de place, l’inventaire se révèle assez complet et utile. La carte de la ville maintenant. Bon comme toutes les cartes il y a une légende, mais je voudrais parler du zoom. La ville étant vraiment grande, les développeurs n’ont pas pensé à pratiquer un zoom/dézoom assez important. Il faudra donc lutter pour trouver la bonne route, n’ayant pas de GPS pour nous indiquer la route.

Allez assez parler! Venons en au scénario. Nous incarnons Francis York Morgan, agent du FBI arrivant à Greenvale, une petite ville où s’est passé un crime horrible, arriver dans la ville pour commencer l’enquête. Annah Graham a été retrouvée crucifiée sur un arbre en pleine forêt, chose étonnante dans une ville en déclin, ou rien ne se passe et tout le monde se connaît.

C’est à ce moment que Mister Francis York Morgan fait son apparition (appelez l’York…tout le monde le fait), pour résoudre cette enquête, qui a tué Annah Graham? York sera là pour épauler la police locale, pas vraiment compétente.

Une mystérieuse graine rouge, un bout d’escarpin à talon et une simple photo pour toutes preuves, et nous voilà plongés au cœur des tourments d’une cité autarcique, témoin de beaucoup de malheurs. Le scénario est constitué de beaucoup de références à la série culte Twin Peaks, empruntant les intrigues, les personnages. D’ailleurs Greenvale est une réelle caricature de la petite ville américaine. Deadly premonition par son scénario, propose un univers psychologique intense, tortueux, nous poussant à nos limites. C’est une redéfinition du survival horror, et ce jeu propose une réelle odeur mystique.

Test Deadly Premonition: Quand montagne de défauts s assimile à génie

J’aimerais parler de York. Un personnage haut en couleur. Un homme de la ville avec pas mal d’humour et ayant une culture impressionnant, parlant de film de temps à autre avec son ami imaginaire Zach, et ayant également une fâcheuse tendance à fumer une cigarette pendant qu’il réfléchit. Dans ce jeu il marque l’arrivée dans hommes modernes dans une ville restée dans les années 60, le décalage est donc conséquent. York est un personnage attachant, plus poli avec Zach qu’avec la police locale qu’il agace par sa franchise.

York fera affaire à une légende locale, assez horrible…mais je vous laisse la surprise du scénario qui m’a littéralement laissé sur le cul. C’est la première fois de ma vie que je joue à un jeu aussi malin, intelligent, attachant, mais en scène…le scénario est tout simplement exceptionnel avec une fin géniale. Le jeu nous fait éprouver des sentiments, on est autant spectateur qu’acteur dans ce jeu. On seprendrait presque pour York. Que dire de plus, je suis sous le charme de ce jeu comme beaucoup de monde, ou plutôt comme la quasi-totalité des personnes ayant fait le jeu.

Cette ambiance si particulière se voit rallonger grâce à la durée de vie plus que convenable pour un jeu d’action. En effet j’ai fini le jeu en 17 heures, alors que je n’ai fait aucune mission annexe. Avec ses missions annexes comptez environ 40 heures de pur bonheur.

Test Deadly Premonition: Quand montagne de défauts s assimile à génie

Voilà je pense que j’en ai fini avec ce test, le test d’un jeu si particulier, un jeu qui m’a littéralement séduit, et qui en séduira plus d’un. Plus qu’un jeu, c’est une vraie expérience. Passons aux notes.

NOTES:

  • Graphismes: 07/20
  • Gameplay: 14/20
  • Bande son: 14/20
  • Durée de vie: 16/20
  • Scénario: 19/20

NOTE GENERALE: 18/20

Les plus:

  • un scénario plus qu’énorme
  • York un personnage super attachant
  • des thèmes musicaux géniaux, vraiment
  • ambiance excellente
  • bonne durée de vie
  • joueur impliqué
  • humour omniprésent

les moins:

  • graphismes a côté de la plaque
  • des monstres ignobles
  • des bruitages ignobles également, surtout les bruitages de monstres!
  • prise en main lourde
  • cliping et alliasing sur des surfaces plates..
  • à ne pas mettre entre toutes les mains

Conclusion:

un jeu qui m’a laissé sur le cul, qui est le jeu de l’année 2010 pour ceux qui l’ont fait (le mien reste Castlevania dans un tout autre genre). L’ambiance, le scénario, la fin du jeu est à pleurer…tant de rebondissements, de plaisirs alors que tous les défauts feraient de tout jeu un raté, ici c’est de la magie pure et simple. On fantasme maintenant sur ce que pourrait donner un mix entre Alan Wake et Deadly Premonition…sur ceux je vous laisse, et je pars rêvasser…

« Qu’en penses tu Zach ? »