Test Max Payne 3: Bruce Willis n'a qu'à bien se tenir !

Publié le 23 juillet 2012

  • Titre: Max Payne 3
  • Editeur: Rockstar Games
  • Développeur: Rockstar Games
  • Genre: Action
  • Prix: 60€
  • Plateforme: 360, PS3, PC

Quand on parle action et bullet time, le premier jeu qui résonne dans la tête d’une bonne partie des gamers c’est Max Payne. Il faut dire qu’en 2001, Remedy avait sorti le grand jeu: une ambiance et un scénario sombre et superbe à la fois, de l’action pure et dure, le tout accompagné d’une bande-son exemplaire. 11 ans après Rockstar prend le projet en charge … pour nous offrir un résultat à la hauteur de nos espérances. Du sang, de l’action, un Max Payne dépressif. En bref, le cocktail est explosif.

Pour commencer faisons un petit flash-back sur l’histoire de la licence. Dans le premier opus on découvre Max Payne, un flic banal vivant à New York, ses journées se résumant à accomplir sa tâche d’inspecteur. Du côté de sa vie privée, Max est marié et est papa depuis peu. Un soir, en rentrant chez lui, il surprend ce qu’il peut prendre au début comme de simples cambrioleurs … puis il découvre l’horreur: sa femme est son bébé gisant à l’étage. À partir de la Max plongée dans l’alcool, ne pense plus qu’à se venger. Il s’implique dans la mafia pour démanteler le réseau à la racine et pour venger sa famille, chose obtenue. Cependant la vengeance ne l’a pas aidé à faire son deuil.

Dans ce troisième opus, on retrouve Max brisé par la peine et l’alcool. Cependant une chose a grandement changé … celui-ci se trouve à São Paulo au Brésil, son chemin pour la rédemption?

Il se trouve qu’après de multiples cadavres de bouteilles, Max retrouve un ami du nom de Passos qui lui propose de le rejoindre à São Paulo. Notre héros se retire alors de son poste à New York, pour suivre son vieil ami dans l’enfer des favelas.

On commence le jeu avec Max travaillant pour la riche famille Bianco, avec à leur tête Rodrigo Bianco, un homme d’affaires à succès. Une attaque a lieu et la femme de Rodrigo se fait enlever par un puissant gang des favelas. Max part alors à la recherche de cette femme, bien qu’alcoolisé et brisé. Il a le sentiment du devoir non accompli … encore une fois. Il ne veut pas faire vivre à Rodrigo ce que lui a vécu. Malheureusement, en voulant accomplir son devoir, Max va s’attaquer à plus gros que lui … la politique, la police, les gangs, un tout ravageur. L’ambiance sera froide, mature, vraie mais également sombre comme rarement on en a eu dans un jeu d’action.

Rockstar nous a habitués aux scénarios excellent: GTA IV, Red Dead Redemption et dernièrement L.A Noire en est la preuve. Sachez qu’à la tête du scénario de ce soft, c’est Dan Houser qui a officié. Ce même Dan Houser qui a travaillé pour le scénario de GTA IV et Red Dead Redemption, vous voyez le tableau.

Nous avons eu pas mal de scénarios noirs ces derniers temps, Max Payne 3 devant être l’un des maîtres en la matière. L’écriture est exceptionnelle, on suit Max dans une descente en enfer, clairement. En parlant de Max, son personnage est torturé et Ô combien charismatique.

Buvant à ne plus savoir quoi faire, Max va affronter deux mondes différents: – le riche centre-ville vivant d’alcool, de fête, de sexe, de drogue etc. les vices y sont propices

– les favelas ou la pauvreté est dépeinte avec excellence. Les taudis, la violence, la prostitution, les gangs.

Bref deux univers à la fois différents mais tellement proches. Le scénario nous propose une critique social juste via un Max qui devra composer avec cette culture très différente de la société américaine.

Le scénario avance via des cut-scènes bien amené et prend forme avec la narration plus qu’excellente de Max. C’est du grand art où l’on ressent des inspirations de films tels que Die Hard dans le fait que Max Payne est un héros sans le vouloir, il fait le job parce qu’il doit le faire. D’ailleurs on pourra noter une ressemblance frappante (ou pas) avec Bruce Willis une fois que Max a les cheveux rasés … ou encore Bryan Cranston dans le rôle de Walter White dans la série Breaking Bad.

Les scénaristes ont fait un énorme travail, le scénario est digne d’un Blockbuster Hollywoodien. Et ça ne s’arrête pas la, car dans l’effort de narration, Rockstar a travaillé sur une mise en scène Hollywoodienne très film d’action et des dialogues crus, tellement bon et tellement juste la plupart du temps.

Vous l’aurez compris, Max Payne c’est un tout, et le scénario est une part importante de ce tout. La bande-son y contribue grandement … parce que oui, Rockstar en impose en tout point avec ce soft. Les musiques sont justes géniales. Le morceau de piano culte de la licence est présent pour notre plus grand plaisir, les thèmes musicaux rythment l’action et sont incroyablement bien choisis, mais que dire des doublages ! C’est juste magique. Ceux-ci sont en anglais (jeu en VOSTFR) et imposent le respect … C’est James McCaffrey qui donne sa voix à Max Payne et cela se révèle grandiose. Le jeu d’acteur en laissera plus d’un bouche bée. Un mot, un seul, peut définir les doublages: Perfection.

Grosse critique cependant concernant les sous-titres, ils sont beaucoup trop petits! Vous aurez beau avoir 10/10 aux deux yeux ce sera très difficile de lire si vous n’avez pas un grand écran. On se demande ce qu’il leur est passé dans la tête pour nous fournir des sous-titres si minuscules.

Dans son gameplay, Max Payne 3 ne renie pas ses origines: exigeant, bourrin, intense, dynamique. Un bon jeu d’action à l’ancienne! Bien entendu, il fallait remettre le gameplay au goût du jour, rapporter quelques nouvelles touches à la licence.

C’est de là que le système de couverture arrive … mais faites attentions parce que les ennemis vous délogeront de vos cachettes à coup de munitions lourdes et de grenades. Le système de couverture en lui-même n’est pas excellent, on ne peut pas allez de couverture en couverture … mais en ce sens, le but de Rockstar est simple: nous faire avancer et attaquer rapidement.

Les Gunfight sont nombreux et intenses, les sensations sont les mêmes que sur les précédents opus, pour notre plus grand plaisir. C’est là que le Bullet Time rentre en jeu, il faudra souvent s’en servir pour se sortir de moments chauds. Ce Bullet Time on peut le voir sous d’autres formes, via des scriptes bien amenés (composant essentiel de la mise en scène). La vie ne se régénère pas automatiquement (comme ça l’est dans 90% des softs actuels) Il vous faudra user d’antidouleurs pour continuer à avancer et éviter la mort. En parlant de ça, il existe un système de «seconde chance ». Le principe est simple: Max vient de se prendre une balle fatale, ou presque, pour rester en vie Max prend un antidouleur et doit abattre l’homme qui vient de lui tirer dessus… Le tout se passe en quelques secondes dans un bullet time. Bien entendu si vous ne disposez pas d’antidouleurs vous pouvez dire au revoir à cette seconde chance, qui vous sauve d’une mort certaine.

Pour se battre, Max disposera de plusieurs armes. On peut utiliser les flingues à une ou deux mains, ainsi qu’une arme lourde. On ramassera les munitions et les armes sur les cadavres, d’ailleurs si vous ne le faites pas vous courrez au suicide, parce que les munitions partent très vite. L’IA de nos ennemis est plutôt bonne dans l’ensemble, elle se révèle coriace et très précise. Ceci va m’amener à parler de la difficulté du soft. Étant un jeu à l’ancienne, Max Payne 3 n’est en aucun cas facile,le défi est bel et bien présent, comme à l’époque. En bref les gunfights sont rudes, intenses, dynamiques et difficiles, le cocktail est parfait.

Quelque chose fait cependant débat, Max Payne 3 serait-il composé de trop de cinématiques? Personnellement je ne trouve pas, je joue à un jeu avant tout pour son scénario (parce que oui les jeux vides sans scénario j’accroche très peu). Et pour moi, ces cinématiques et cut-scènes sont un plus pour la mise en scène, l’ambiance, le scénario. On est partisans ou on l’est pas, d’autres trouveront que cescinématiques casse l’action … mais après tous les goûts et avis sont dans la nature. Et comme je l’ai précisé, on est partisans ou pas. On comprend facilement que ça peut en déranger beaucoup. En bref, Max Payne 3 nous propose un gameplay à l’ancienne totalement jouissif. De l’action, de la vraie, c’est un pur bonheur.

Le jeu se tient de bout en bout, et les graphismes ne font pas exception à la règle. D’un point de vue artistique, on peut dire bravo. Nous parcourons une multitude d’environnement entre São Paulo et autres flash-back. Max Payne 3 compose de paysages vraiment très jolis. Les villes sont plus vraies que nature, les bâtiments font jusque dans les moindres détails. Les couleurs nous font passer d’ambiance chaude à ambiance froide. Le moteur physique est très bien utilisé dans son ensemble, encore mieux que dans Red Dead Redemption (les deux softs disposent du même moteur graphique)

Les personnages ne sont pas épargnés par ses graphismes se voulant «vrai». La quasi-totalité des personnages sont criants de vérité … et disposent d’un charisme certain. Le moteur physique gère très bien les choses lui aussi. Chaque impact de balle sera parfaitement visible à n’importe quel endroit, n’importe quelle partie d’un corps. Pour exemple, les blessures multiples de Max Payne (blessure au bras par exemple) nous accompagnerons tout le long de l’histoire. Rockstar a un grand souci du détail, pour notre plus grand plaisir. Les favelas, la ville, les environnements sont parfaitement animés, pour faire de ce Max Payne 3 quelque chose de presque réel, de vivant.

Nous pouvons parler un petit peu de la mise en scène du soft. Les effets y sont nombreux, les filtres étant l’un des effets les plus utilisés. Pour certains les filtres sont inutiles, pour d’autres comme moi ces effets rajoutent une sorte de «tripe » à la Max Payne. Rockstar en abuse peut-être parfois, mais les filtres sont vraiment bons … tout comme le reste du jeu à vrai dire. Parce que oui, même la durée de vie est très bonne.

Comptez une bonne douzaine d’heures pour finir le solo de Max Payne 3. C’est plus que correct au jour d’aujourd’hui quand on sait que certains jeux très vendus nous offrent un solo de 3h30/4h. Vous pouvez également compter sur les différents modes de jeux dont le multi, qui sans être innovant, est efficace.

Notes:

  • Graphismes: 17/20
  • Gameplay: 17/20
  • Durée de vie: 17/20
  • Scénario: 19/20
  • Bande son: 20/20

Note Générale: 19/20

Les plus:

  • un scénario énorme
  • une bande-son énorme
  • un gameplay old-school modernisé- Charisme des personnages
  • durée de vie du solo
  • retrouvez LE Max Payne

Les moins:

  • les sous-titres de taille 4 de police

Conclusion:

le retour de Max Payne se fait en beauté. Un scénario froid, mature, un gameplay old school (mais modernisé pour un meilleur cocktail), des doublages magiques … et tant d’autres choses. On retrouve Max Payne avec un charisme impressionnant. Cette année trois jeux pour le moment m’ont marqué, et devinez quoi? Max Payne 3 figures dedans. Sans aucun doute je ne peux que vous conseillez de l’acheter … en fin de compte, ce n’est même pas un conseil, c’est une obligation! Le jeu nous tient en haleine du début à la fin, que demande le peuple?

« Le passé est une énigme, un miroir brisé. On se coupe en voulant le reconstituer. Le reflet change et on change avec lui »