Test Assassin's Creed: UNITY, à la lanterne (PS4)

Publié le 18 février 2015

Test Assassin s Creed: UNITY, à la lanterne (PS4)

  • Titre: Assassin’s Creed Unity
  • Editeur: Ubisoft
  • Développeur: Ubisoft Montreal
  • Genre: Action aventure
  • Version test: PS4

Pas une seule année ne passe sans qu’un épisode de la célèbre franchise d’Ubisoft ne pointe pas le bout de son nez. Après la troisième croisade, la renaissance Italienne, la révolution américaine et l’âge d’or de la piraterie, Ubisoft nous emmène dans une des périodes les plus importantes de notre mère-patrie: la Révolution française. Beaucoup critiqués après sa sortie du fait de nombreux défauts, certains furent corrigés en décembre pour améliorer l’expérience de jeu. Le test de cet épisode prend donc en compte de par son écriture tardive les changements liés à la correction de ces bugs. Le premier épisode sur les consoles nouvelles générations est-il un « must-have »? Aiguisez vos lames, armez vos mousquets et unissez-vous.

Arno Victor Dorian est un jeune homme de la noblesse française. Après avoir été témoin de l’assassinat de son père, il devient le protégé d’un autre homme, François de la Serre, qui l’élève comme un fils. Ce dernier a une fille du même âge qu’Arno: Élise. Ils grandissent ensemble et partagent également des sentiments amoureux l’un pour l’autre par la suite. Après plusieurs années, Arno, devenu adulte, est témoin de l’assassinat de son protecteur et est arrêté pour cet acte car présent sur la scène du crime. Il rencontre, suite à son arrestation, un homme se disant de la confrérie des assassins, Bellec, un ancien ami du père d’Arno. Après une succession d’évènements qu’il est bon de ne pas dévoiler pour ne pas gâcher le peu de plaisir que procure ce scénario, Arno devient un assassin comme son père et décide de retrouver les hommes qui ont fomenté la mort du père d’Élise.

Le scénario est donc une simple histoire de vengeance sur fond de complot, opposant comme toujours assassins et templiers. Histoire qui devient d’ailleurs confuse si le joueur a le malheur de ne pas faire le scénario en ligne droite. Car entre les quêtes secondaires et les divers objets à collecter, le joueur peut vite dévier de son objectif pour plusieurs heures. L’histoire de cet Unity paraît donc bien maigre, surtout en comparaison du deuxième volet de cette saga qui est souvent cité en exemple.

Heureusement, le contexte historique permet de passer outre le scénario plutôt mince et Ubisoft a incorporé comme à son habitude des missions secondaires, dont la nouveauté est la résolution de meurtres qui permet de se plonger un peu plus dans la Révolution. Beaucoup de ses meurtres sont totalement inconnus du grand public, mais certains se rappelleront peut-être de Paul Marat assassiné par Charlotte Corday. Un exemple parmi d’autres qui apporte une nouveauté bienvenue à une saga qui commence clairement à être en manque d’inspiration scénaristique.

Certes, l’Histoire est respectée malgré de beaux anachronismes, mais la guerre que se livre templiers et assassins, l’histoire inventée, est perfectible. Ubisoft devrait travailler ses scénarios un peu plus en profondeur au risque de lasser les joueurs en sortant chaque année un nouvel opus.

Et ce n’est pas la manière de contrôler Arno qui annulera l’impression de déjà-vu. Pour faire simple, c’est exactement la même maniabilité que les épisodes précédents avec néanmoins une petite amélioration: il peut s’accroupir pour se faire plus discret. D’autant plus que les combats sont différents des deux précédents opus (le 3 et le 4). Arno n’est pas un super-guerriercomme les Kenway et il faudra fuir si trop d’ennemis font front commun. D’où l’utilité de se faire discret pour assassiner les ennemis sans rameuter tous les vilains du quartier. Seulement, pour se faire discret, Arno aurait dû, comme ses prédécesseurs, pouvoir cacher les corps. Malheureusement, cette capacité a disparu avec les consoles nouvelles générations et un ennemi restera tout simplement à l’endroit ou vous l’avez tué. Il faut tout de même souligner que si un garde trouve un cadavre, ce dernier sera en alerte mais ne cherchera pas non plus à vous débusquer, l’intelligence artificielle étant perfectible.

Il suffit simplement de se cacher un certain temps pour que les recherches s’arrêtent, l’adversaire ne prêtant plus attention à son collègue, comme si il avait oublié que son pote était mort poignardé. Et si, par le plus grand des hasards, un ennemi vous débusque en soulevant un brin de paille, il suffira de courir pour trouver une autre cachette. En effet, une sorte d’ombre symbolise le moment ou l’ennemi perd de vue Arno, et il s’arrêtera à cet emplacement sans pousser plus loin ses investigations. Et la course libre qui fait son retour permettra de fuir plus facilement des ennemis parfois collants. Cette course permet à notre avatar de parcourir des distances inimaginables même pour un athlète olympique, de grimper sur les maisons, de sauter par dessus les barrières par la simple pression de la gâchette droite. Mais cette course est là encore perfectible et montre ses limites par le peu de précision que cela engendre. Sauter sur une façade peut paraître simple, mais il n’est pas rare de voir son personnage faire autre chose que ce qui était souhaité à la base, devenant cause de frustrations plus qu’autre chose, surtout si une horde d’ennemis pourchasse le joueur.

Cette perfectibilité est en partie liée à un nouvel ajout sur la course libre. Deux boutons peuvent être utilisés pour grimper ou descendre pendant la course. Si cela ajoute un peu plus de nervosité bienvenue dans les mouvements, cela ajoute également de l’imprécision sur certains endroits à atteindre. Bref, une maniabilité pas toujours précise mais Paris se prête tout de même mieux à la course libre qu’un navire. En plus des déplacements iques, Arno se voit également affublé de plusieurs techniques qu’il faudra débloquer au fur et à mesure de l’aventure en récoltant des points sync, récompenses de fin de mission. Assassinats doubles, déguisement, utilisation d’armes à feu, lourdes ou longues, bref, tout ce qu’avaient les Kenway de base, mais qu’Arno doit apprendre. Ce n’est pas un défaut, cela permet d’évoluer en même temps que son personnage en apprenant des techniques tout au long de la progression. De plus, l’équipement est aussi géré de façon différente. Ce n’est plus seulement les armes qui peuvent être changées, mais également la capuche, le torse, la ceinture, les gants et les bottes. Les statistiques propres à chaque pièce d’armures permettent de personnaliser quelque peu son personnage selon sa façon de jouer, rappelant ainsi AC2, ce qui est un bon point.

Si tous ces éléments rappels fortement les autres épisodes, ce Unity se démarque par son mode multi-joueurs différent. Le joueur aura désormais la possibilité de faire certaines missions en coopération, avec des amis ou directement en ligne. Ces missions n’ayant pas non plus une difficulté extraordinaire, il est tout à faire possible de les faire seul, mais il serait dommage de passer à côté de cette nouveauté. Les missions sont sympathiques et ont pour toile de fond certains moments mémorables (ou non) de la Révolution. De quoi passer quelques heures en ligne, d’autant que les plus acharnés devront les faire trois fois pour débloquer tous les objets d’équipement et les points sync nécessaires pour l’achat de toutes les techniques. Le joueur retrouvera donc très rapidement ses marques, cet épisode ne proposant que peu de nouveautés. Cela lui permet de son concentré un peu plus sur le contenant du jeu.

Car soyons franc, Assassin’s creed Unity est un jeu AAA, et les graphismes sont censés être à la hauteur des attentes des joueurs. En cela, il remplit en grande partie son contrat. Les environnements sont vraiment détaillés et le ressenti est plutôt positif. Les bâtiments sont extrêmement fidèles à la réalité et Notre-Dame de Paris ou bien encore le Panthéon sont magnifiquement modélisés. Il n’y a pas vraiment de reproches à faire au niveau des décors et environnements. Mais rien n’est parfait et AC Unity le prouve dans la modélisation des personnages.

Si les principaux (Arno, Élise, les cibles à assassiner, les alliés les plus importants) sont bien modélisés, il en est tout autre de la population de Paris et de ses gardes. C’est simple, c’est l’attaque des clones. Comme dans les précédents épisodes, les personnages se ressemblent et il y a toujours cette impression de déjà-vu qui resurgit. Les fameux gardes ne changeront pas cela car les visages seront récurrents au type de « classes », les brutes se ressemblant toutes

par exemple. Bref, il aurait été plus sympathique de voir plus de variétés à ce niveau. Mais malgré tout, il faut aussi souligner qu’Assassin’s creed n’a jamais paru aussi vivant de par l’abondance de personnage vu à l’écran, et il faut saluer cela,(même si les « sans dent » peuvent gêner une éventuelle fuite de par leur trop grand nombre).

Il n’est pas rare non plus de voir des personnages apparaître ou disparaître comme par magie, ce qui entache quelque peu l’immersion. La façon dont ils disparaissent pourrait éventuellement faire penser à un bug du programme qui permet de revivre les mémoires d’Arno mais c’est surtout un prétexte pour excuser ces étranges disparitions. Un peu comme les phases, volontaires cette fois, ou Arno se retrouve dans une époque différente pour récupérer des données et sauver des assassins bloqués dans le programme. Ces évènements peu nombreux permettent malgré tout de voir la tour Eiffel ou bien le Paris du XIXème siècle, sous prétexte d’un bug, et ainsi offrir au joueur des moments peu mémorables, voir parfois pénibles. Car comme pour les missions de coopération, le joueur adepte du 100% devra les faire plusieurs fois pour débloquer tous les éléments. Autre problème gênant, et malgré les corrections apportées par Ubisoft pour corriger les différents défauts du jeu, il m’est parfois arrivé de rester bloqué dans le paysage urbain, sans aucune possibilité de sortir de cette situation sans réinitialiser la console (impossible de se téléporter si vous avez des ennemis aux fesses). En somme, beaucoup de petits défauts graphiques qui font de cet AC un épisode honnête sans pour autant être indispensable.

Les musiques elles-mêmes ne seront pas toujours mémorables. Cela fait toujours plaisir d’entendre les chants révolutionnaires, la future hymne Nationale ou bien encore la musique de Jean Petit qui danse, mais voilà, ça n’accroche pas toujours. Et les sons censés symboliser les épées qui s’entrechoquent ne sont pas toujours raccord avec l’image, ce qui diminue encore plus l’immersion. Les voix françaises sont correctes également, mais il arrive parfois que les voix ne soient pas en accord avec le mouvement des lèvres de plusieurs secondes. C’est encore une fois gênant, surtout quand la réponse arrive avant la question, ce qui rend quelquefois les conversations difficiles à suivre.

Si ces défauts ne découragent pas le joueur, ce dernier aura fort à faire pour terminer le jeu dans son intégralité. Certes, le scénario n’est pas très long avec seulement une petite quinzaine d’heures pour le terminer, mais si vous souhaitez le boucler à 100%, vous en aurez pour votre argent. Entre les coffres, les cocardes, les énigmes de Nostradamus (équivalentes aux énigmes du 2) et les différentes missions secondaires, il faudra compter une quarantaine d’heure pour atteindre 100%. Mais il y a toujours cette impression que c’est une durée de vie totalement artificielle. Les coffres et autres cocardes pullulent et tous les récupérer devient presque un exploit. Ce n’est pas bien compliqué, mais il est clair que c’est la solution de facilité trouvée par Ubisoft afin de gonfler la durée de vie et ainsi justifier l’achat par les joueurs.

NOTES:

  • Scénario: 13/20
  • Gameplay: 15/20
  • Graphisme: 16/20
  • Bande-son: 14/20
  • Durée de vie: 18/20

Note Générale: 15/20

Les plus:

  • Paris magnifiquement modélisée
  • La personnalisation de l’avatar plus poussée
  • Le multijoueur en coopération
  • La durée de vie pour atteindre le 100%
  • Plus nerveux que ses prédécesseurs (légèrement)
  • La discrétion mieux mise en avant
  • Les missions secondaires

Les moins:

  • L’IA perfectible
  • Les déplacements pas toujours précis
  • Le scénario principal peu mémorable
  • Le clonage des ennemis
  • Les bugs persistants malgré les patchs correctifs

Avis de Nadrak:

Ubisoft va devoir innover pour me convaincre d’investir dans le prochain épisode. Unity est un bon jeu avec beaucoup de qualités mais ses nombreux défauts montrent un réel manque de finition. Le scénario est peu intéressant, la course libre montre de nouveau ses limites, l’impression de déjà-vu est omniprésente. Mais le contexte historique est, tout comme Paris au Neuvième siècle, passionnant, et le personnage d’Arno est suffisamment attachant pour tenter de finir le jeu à 100%. Bref, Unity est plaisant à faire, mais pas indispensable comme le furent le 2 et le 3 en leur temps. Black Flag était aussi très ressemblant au 3 mais avait cet avantage de pouvoir contrôler un navire qui diversifiait le gameplay. Unity n’a pas cet avantage et en devient, à l’image des gardes présents dans le jeu, un clone avec un beau rendu graphique.

Test Assassin s Creed: UNITY, à la lanterne (PS4)

« Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté nationale et que nous n’en sortirons que par la puissance des baïonnettes »


4 commentaires sur “Test Assassin's Creed: UNITY, à la lanterne (PS4)

    Laex

    (19 février 2015 - 14 h 22 min)

    Salut,
    Bonne chronique très intéressante et avec laquelle je suis en accord sur la plupart des aspects.
    En fait ce qui me plaît bien dans ce jeu, au-delà du lieu et de l’époque qui pour un français sont juste géniaux, c’est le retour aux principes de AC2. En effet on retrouve pas mal de situation propre à la série d’épisodes (lieux citadins uniquement, énigme des glyphes, personnalisations…). Je ne l’ai pas encore terminé mais j’apprécie le jeu. Au niveau des ‘Contre’ je dirai qu’il y quelques incohérences que vous relevez : Plus de furtivité mais impossibilité de cacher les corps, Nouvelle compétences intéressantes mais sous-exploitée (arme longue, déguisement…), Pléthore de « monnaies » (francs, point de compétences, point nomad, points ‘pirate’, points Ubi). Même la maniabilité je la trouve plus lourde que les derniers épisodes (Black Flag et Rogue), il m’arrive souvent d’être bloqué et de ne pas pouvoir enchaîner les kill/fuite avec maestria 
    Par contre il pose de bonnes bases pour une belle série « next gen » espérons que l’on ai la déclinaison de toutes les époques françaises, premier Empire, second, etc… et ça me botte grave !! 😀
    Enfin je finirais juste par mon coup de gueule mais franchement de toute la série des AC celui qui est le plus mauvais à tous les niveaux c’est vraiment le 3, cette histoire bancale, peu épique, ni réaliste (dans la mesure d’une fiction s’appuyant sur des faits réels), dans des environnements inintéressant (youpi un point d’observation en haut d’un … arbre :-/ punaise on est loin des Campanile de Florence), je n’ai pas du tout accroché. Le point faible de la série. Je suis donc très satisfait de revenir en Europe sur cette nouvelle version.

    Laex

    (19 février 2015 - 14 h 23 min)

    Salut,
    Bonne chronique très intéressante et avec laquelle je suis en accord sur la plupart des aspects.
    En fait ce qui me plaît bien dans ce jeu, au-delà du lieu et de l’époque qui pour un français sont juste géniaux, c’est le retour aux principes de AC2. En effet on retrouve pas mal de situation propre à la série d’épisodes (lieux citadins uniquement, énigme des glyphes, personnalisations…). Je ne l’ai pas encore terminé mais j’apprécie le jeu. Au niveau des ‘Contre’ je dirai qu’il y quelques incohérences que vous relevez : Plus de furtivité mais impossibilité de cacher les corps, Nouvelle compétences intéressantes mais sous-exploitée (arme longue, déguisement…), Pléthore de « monnaies » (francs, point de compétences, point nomad, points ‘pirate’, points Ubi). Même la maniabilité je la trouve plus lourde que les derniers épisodes (Black Flag et Rogue), il m’arrive souvent d’être bloqué et de ne pas pouvoir enchaîner les kill/fuite avec maestria 
    Par contre il pose de bonnes bases pour une belle série « next gen » espérons que l’on ai la déclinaison de toutes les époques françaises, premier Empire, second, etc… et ça me botte grave !! 😀
    Enfin je finirais juste par mon coup de gueule mais franchement de toute la série des AC celui qui est le plus mauvais à tous les niveaux c’est vraiment le 3, cette histoire bancale, peu épique, ni réaliste (dans la mesure d’une fiction s’appuyant sur des faits réels), dans des environnements inintéressant (youpi un point d’observation en haut d’un … arbre :-/ punaise on est loin des Campanile de Florence), je n’ai pas du tout accroché. Le point faible de la série. Je suis donc très satisfait de revenir en Europe sur cette nouvelle version.

    Nadrak

    (20 février 2015 - 16 h 10 min)

    Bonjour Laex.
    Il est vrai que je n’ai pas évoquer les points tel que les déguisements étant donné que j’ai trouvé cet élément dispensable dans ma façon de jouer, et j’ai donc oublié d’en parler. Et d’accord également sur la lourdeur du personnage qui semble moins souple que ses prédécesseurs. Unity se rapproche du 2, et c’est finalement cela que je reproche. Le 2 était moins buggé, mieux fignolé et son scénario est le meilleurs de la série pour beaucoup de joueurs. Et en ce qui concerne le 3, ce dernier avait l’avantage de se différencier véritablement des précédents, et c’est en cela qu’il était appréciable. Je rappel aussi que c’est l’épisode le plus vendu. Et Connor n’a laissé personne indifférent à cause de sa personnalité. Il évoluait dans une société totalement inconnue devenant presque stupide, le rendant aux yeux des joueurs attachant ou bien au contraire énervant. Mais c’est sûrement l’assassin le plus atypique qu’Ubisoft à créé. Mais chaque épisodes est aussi une question de goût personnels.

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